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Rencontres économiques Africa 2017: «La demande de culture est là!»

Par Dominique Cettour-Rose@GeopolisAfrique | Publié le 04/10/2017 à 09H40, mis à jour le 04/10/2017 à 11H18

A'Salfo chanteur groupe Magic System 7 mai 2017 à Paris.
Le chanteur du groupe ivoirien Magic System A'salfo, en polo et casquette blanche à Paris sur scène avant le discours du président élu Emmanuel Macron, le 7 mai 2017. © Sia KAMBOU / AFP

Abidjan, Nairobi et Tunis, trois capitales africaines accueillent jusqu'au 6 octobre 2017, les rencontres économiques Africa 2017. Organisées par Africa-France, elles ont pour objectif de relancer les échanges entre la France et l'Afrique dans le secteur privé. Le manque de moyens dans le secteur de la culture, pourtant pourvoyeuse d'emplois, a dominé les débats dans la capitale ivoirienne.


Le chanteur du groupe Magic System, A'Saflo, a ainsi plaidé pour davantage d'investissements dans les secteurs culturels. «Les partenaires ne se bousculent pas, pourtant la culture est un levier de développement». Cest ce qu'a affirmé, le 2 octobre 2017, à Abidjan, la star du groupe Magic System, qui a pris comme exemple développement phénoménal de l'industrie cinématographique au Nigeria, Nollywood, devenue une importante source d'emplois.

«La demande est là» pour la culture en Afrique, a estimé de son côté le directeur général des cinémas Majestic en Côte d'Ivoire, Jean-Marc Benjani. Alors que le pays ne comptait plus une seule salle de cinéma, Majestic en a ouvert trois en trois ans et enregistré 175.000 entrées en 2016, a-t-il ajouté lors de ce forum géant du business. 

S'engager dans la culture en Afrique est «une sorte de sacerdoce», ​a souligné pour sa part Abel Kouame, réalisateur ivoirien de quatre films d'animation. 


Mais «l'industrie culturelle ne peut pas fonctionner seulement sur la passion», a jugé Emmanuel Hoog, le PDG de l'Agence France Presse (AFP), partenaire d'Africa 2017. Selon lui, il est indispensable de rémunérer correctement les acteurs du secteur culturel comme de l'information et de réguler les marchés culturels bouleversés par la révolution numérique, au profit de quelques «grands intermédiaires mondiaux qui ont capté une grande partie des revenus».
 
Dans une interview au site AdWeKnow, il explique que l'AFP, dont le siège est à Paris, «dispose de 15 bureaux permanents sur l’ensemble du continent africain, regroupant environ 270 collaborateurs journalistes». La moitié de ces effectifs en Afrique, souligne-t-il, sont «dédiés à la couverture en images. Editorialement, il n’existe pas de domaine de prédilection mais plutôt une couverture très complète de l’ensemble des domaines de l’actualité: politique et, de plus en plus, économique, culturelle et sociale, avec également une attention toute particulière portée sur l’actualité sportive.»

Les «repats» s'intallent en Côte d'Ivoire
Cette deuxième édition d'Africa 2017 a débuté le 2 octobre 2017 à Abidjan, une ville en plein développement et de plus en plus attractive pour ses ressortissants qui ont choisi de venir s'intaller en Côte d'Ivoire, pays dont la croissance devrait atteindre 7%.


Ces rencontres économiques franco-africaines, qui se poursuivent les 5 et 6 octobre à Nairobi et à Tunis, comptent sur la participation de quelque 3.600 entreprises africaines et 480 sociétés françaises, selon les organisateurs. Leur coup d'envoi a coincidé avec la présence dans la capitale ivoirienne du ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui effectuait une visite axée sur la diplomatie économique, selon RFI.