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Economie,  Afrique

Réunion de l’Opep à Vienne pour prolonger la baisse de production

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 30/11/2017 à 09H30

Raffinerie
Raffinerie © Photo12 / Gilles Targat

L’Organisation des pays producteur de pétrole (Opep) se réunit à Vienne jeudi 30 novembre. La réunion va porter sur la prolongation de l’accord de limitation de la production. Décidé fin 2016, cet accord court jusqu’en mars 2018. Pourtant la tentation d’ouvrir les vannes est forte dans de nombreux pays.


Le prolongement semble acquis afin de renflouer les caisses des pays. Reste à connaître l’attitude de la Russie. Hors cartel, va-t-elle continuer à aligner sa politique sur celle de l’Opep?
L’Opep a réussi son coup. Fin 2016, en changeant de stratégie et en jouant la carte de la rareté, les cours du brut on fini par remonter. Aujourd’hui, le baril tourne autour de 60 dollars quand il était tombé à 40 dollars à l'été 2016. Il s’agit de son plus haut niveau depuis juin 2015.
 
Ne pas prolonger l’accord serait donner le signal de la réouverture des vannes, et sans aucun doute les prix repartiraient à la baisse. Selon le site Boursorama, on s’acheminerait vers une prolongation de l’accord jusqu’à la fin de l’année 2018. C’est en tout cas la ligne adoptée par l’Arabie Saoudite.
 
Mais selon les observateurs, le principal obstacle pourrait venir de la Russie. Sa production est supérieure à celle de l’Arabie Saoudite de plus d’un million de barils/jour. Or, selon Sukrit VIjayakar, un spécialiste cité par l’AFP, l’extraction va encore augmenter en 2018. Le champ Sakhaline 1 va voir sa production faire un bond de 25%. De quoi réduire à néant  la tentative de l’Opep.

Autre aspect et non des moindres, le respect de la discipline par les membres de l’Opep. A 40 dollars le baril, tout le monde joue le jeu de la baisse de la production. Les cours sont si bas que personne n’a rien à perdre. Mais à 60 dollars, l’enjeu n’est plus le même et la tentation de remplir les caisses au plus vite est forte. C’est notamment une attitude que l’on prête à l’Algérie. Au plus fort de la crise, en 2015, on estimait que l’Algérie avait une réserve de change de deux ou trois ans. Aujourd’hui, il est l’heure de faire les comptes et une relance de la production offrirait un bon bol d’air.
 
L’inconnue libyenne
Reste la Libye. Certes le pays fait la une pour d’autres affaires. Mais malgré l’anarchie ambiante, le pays produit, et de plus en  plus. Or, il est exempté de quotas. En juin 2017, le million de barils/jour était atteint. Autre pays exempté, le Nigeria. Lui aussi est écartelé entre production massive et cours élévés.