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Sécurité, jeunesse, immigration au menu du sommet Afrique-Europe

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 28/11/2017 à 09H14

Marchandes rue à Abidjan
Marchandes de rue à Abidjan © AFP/Issouf Sanogo

L'immigration et la sécurité seront au cœur du cinquième sommet Europe-Afrique qui se déroule les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan et où sont attendus 83 chefs d'Etat et de gouvernement. Quelque 5.000 participants des 55 pays d'Afrique et de 28 pays d'Europe doivent prendre part à ce cinquième sommet.

 
Les sommets entre les deux continents se déroulent tous les trois ans et fixent le cadre général de la coopération. Cette fois, L’accent sera mis sur l’investissement dans la jeunesse, au moment où 60% de la population africaine a moins de 25 ans. D’ici 2030, les jeunes seront 750 millions sur le continent. L’enjeu est énorme. Comment nourrir cette population?

Jeunesse
Pour freiner la courbe démographique, «il sera impératif d’investir en faveur des filles et des jeunes femmes et de favoriser leur autonomisation pour ralentir le taux de fécondité des adolescentes et bâtir une Afrique digne de tous», écrit l’Unicef dans son rapport Afrique Génération 2030.

Des élèves éthiopiennes à l'entrée leur école octobre 2017
Des élèves éthiopiennes à l'entrée d'une école primaire qui applique le programme de l'Unicef de sensibilisation sur les menstruations (octobre 2017).  © Zacharias ABUBEKER / AFP

Sans doute plus facile à dire qu’à faire sur un continent où la misère touche la moitié de la population. L’Unicef, elle aussi, parle d’investir sur les jeunes générations. Elle préconise d’améliorer l’accès à l’éducation, aux soins, à l’eau potable. Rien de nouveau, mais le chantier reste immense.

Immigration
L’autre axe important concerne les actions pour faire face à l’afflux massif de migrants en Europe. Depuis le début de l’année 2017, la coopération avec la Libye a été renforcée. L’accent a été mis sur la surveillance des côtes par la marine libyenne. Si le flux des migrants a incontestablement baissé, un effet pervers est apparu. Les candidats à l’exil sont en effet la proie des passeurs et autres marchands d’esclaves.

Des migrants dans base navale près Tripoli
Des migrants dans une base navale près de Tripoli, le 9 mai 2017, après leur arrestation par les gardes-côtes libyens.

© AFP/ Mahmud Turkia

Le récent reportage de CNN sur l’existence de ces marchés aux hommes a réveillé l’opinion internationale. L’Afrique clame haut et fort sa volonté de protéger «ses enfants». Mais le retour au pays d’origine de ces migrants est délicat et onéreux.
 
Sécurité
Lors du sommet d’Abidjan, on évoquera d’autres thèmes, notamment celui de la sécurité, aspect essentiel au moment où les pays de la zone sahélo-saharienne sont confrontés au terrorisme. Ainsi, l’Union a acté, en juin 2017, l’octroi d’une aide de 50 millions d’euros à la force du G5 Sahel. Les Etats-Unis ont finalement décidé d’en faire autant.

Patrouille l'armée malienne
Les premières patrouilles des forces du G5 Sahel, le 2 novembre 2017. © Daphné BENOIT / AFP

Mais le compte n’y est toujours pas. Certains estiment que le budget de fonctionnement de la force du G5 serait de 423 millions d’euros. Il ne faut pas oublier non plus les autres menaces terroristes, comme celle de Boko Haram qui, après avoir sévi au Nigeria, a étendu ses actions au Niger, au Tchad et au Cameroun.

Coopération
Les relations entre l’Afrique et l’Union européenne sont inscrites dans un cadre général défini à Cotonou en 2000 pour remplacer la convention de Lomé qui datait de 1975. Cet accord de coopération concerne 48 pays d’Afrique subsaharienne. L’accord de Cotonou est également signé par des pays des zones Pacifique et Caraïbes. Parallèlement, une stratégie commune à l’attention des seuls pays d’Afrique a été adoptée en 2007.

En termes de développement, l’Union et surtout ses Etats membres ont versé 21 milliards d’euros d’aide en 2016. D’autre part, l’Europe assure le tiers des investissements étrangers en Afrique, soit 32 milliards d’euros en 2015.