Clap

Sénégal,  Afrique,  Afriques

Sénégal: vague d’indignation après l’arrestation du maire de Dakar

Par Martin Mateso@GeopolisFTV | Publié le 08/03/2017 à 16H47

Khalifa Fall maire Dakar
Le maire de Dakar, Khalifa Sall, au cours d’une conférence de presse le 13 mars 2011 à Niamey. Il rejette toutes les accusations portées contre lui.
 
© Photo AFP/Seyllou Diallo

Maire de Dakar depuis 2009, Khalifa Sall est un dissident de la majorité au pouvoir et probable candidat à la présidentielle sénégalaise de 2019. Il a été inculpé et écroué dans la nuit du 7 au 8 mars pour détournement présumé de fonds publics. Il rejette les accusations portées contre lui. Ses partisans dénoncent «une cabale politique».


Le procureur de la République de Dakar, Serigne Bassirou Guèye parle d’un montant de 2,7 millions d’euros pris dans les caisses de la ville de Dakar sans justifications. Khalifa Sall a été inculpé d’escroquerie, de détournement de deniers publics, d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux, a indiqué un de ses avocats à l'AFP. Il a passé sa première nuit en prison.
 
A Dakar, ses partisans menacent de descendre dans la rue pour manifester leur colère. Mais pour l’instant, la situation est restée plutôt calme dans la capitale où les réactions se sont multipliées depuis l’annonce de l’arrestation de cette figure emblématique de la scène politique sénégalaise.
 
Ancien ministre, Khalifa Sall dirige la capitale sénégalaise depuis 2009. Il est un des responsables du Parti socialiste, formation membre de la coalition au pouvoir. Depuis qu’il a déclaré sa dissidence au sein de son parti et dans la coalition présidentielle, il est perçu comme un potentiel adversaire sérieux de l’actuel chef de l’Etat Macky Sall.  


Pour le collectif de ses avocats, cette arrestation et cette détention n’ont pour but que de freiner Khalifa Sall dans ses ambitions présidentielles. L’entourage du maire de Dakar dénonce «une cabale politique».
 
«C’est une entreprise de liquidation politique honteusement orchestrée pour empêcher les opposants de s’organiser pour une alternative», affirme Moussa Taye, conseiller politique du maire de Dakar dont les propos sont rapportés par le site du journal sénégalais Le quotidien.
 
Parmi les autres réactions rapportées par ce site, celle de Cheikh Guèye, maire de la commune de Dieuppeul-Derklé.
 
«Il s’agit de fonds politiques qui ont été utilisés et servis à apporter le confort et le soutien à des populations nécessiteuses. Qui veut accuser son chien l’accuse de rage. Mais ça ne passera pas», soutient-il.
 
Même le parti sénégalais de l’ancien président Abdoulaye Wade, adversaire résolu du parti socialiste dont est issu le maire de Dakar, a exprimé sa vive indignation. Son porte parole, Babacar Gaye, dénonce un harcèlement politico-judiciaire et une lutte autour du pouvoir.
 
«Les démocrates et les républicains n’ont pas le droit de laisser faire. L’opinion autour du pouvoir ne doit pas s’abstenir. Bref, le peuple doit se lever pour arrêter Macky Sall», suggère le porte-parole du PDS cité par journal Le Quotidien
 
Le parti du président Macky Sall, l’Alliance Pour la République, a balayé les arguments pro-Khalifa Sall, estimant normale la convocation du maire de Dakar par la justice. A lui «d'apporter les éléments de preuves et pièces justificatives de l’ensemble des dépenses exécutées. Toute autre forme de victimisation ne peut prospérer», estime le parti présidentiel dans un communiqué publié à Dakar.