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Somalie,  Afrique

Somalie : la guerre continue malgré la présence des forces internationales

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 02/04/2018 à 13H04

Soldats somaliens
L'armée somalienne est jugée trop faible pour s'opposer aux rebelles shebab sans l'appui de la force internationale de plus de 20.000 hommes déployée dans le pays. © Mohamed ABDIWAHAB / AFP

Rares sont les jours où on ne parle pas d'attaques ou d'attentats en Somalie. La dernière en date remonte au 1er avril. Des combattants shebab (islamistes) ont attaqué une base militaire de l'Union africaine (UA) à l'extérieur de Mogadiscio, où des militaires ougandais sont stationnés. Une puissante explosion a été entendue. Une opération qui aurait fait de nombreuses victimes.

Une «puissante explosion a frappé la base avant les combats mais nous n'avons pas de précisions. Nous avons entendu dire que les combattants ont utilisé un minibus chargé d'explosifs pour entrer (dans la base) avant le début des affrontements dans le camp»,  a déclaré un responsable de la sécurité locale. «Il y a eu d'intenses combats et nous avons pu voir de la fumée au-dessus de la base militaire», a déclaré un témoin.

Depuis l'attaque, peu d'informations ont filtré sur un bilan des combats. Les autorités de la force internationale ont affirmé que 30 shebab avaient été tués (22 selon d'autres sources) : «Les combattants d’Al Shabaab ont subi un coup dur, avec au moins 30 d’entre eux qui ont été tués dans les combats intenses. Huit véhicules qui avaient transporté les terroristes, dont deux qui étaient bourrés d’Engins Explosifs Improvisés, ont été détruits et un assortiment d’armes a été récupéré», affirme un communiqué officiel.

 Du côté des shebab, on affirme que le bilan du côté des forces officielles est beaucoup plus lourd.


Les combats ont été, selon des temoins, d'une rare violence. Ils montrent que malgré la présence de quelque 22.000 soldats de la force africaine (AMISOM), les combattants islamistes tiennent toujours de vastes régions au sud de la capitale Mogadiscio. 

La précédente attaque remontait au 22 mars. Un attentat à la voiture piégée revendiqué par les islamistes somaliens shebab avait fait au moins 14 morts devant un hôtel populaire de la capitale somalienne, Mogadiscio, ainsi qu’un certain nombre de blessés. 

L'ONU prolonge sa présence
Les shebab tentent depuis 2007 de renverser le gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les plus de 20.000 hommes de la force de l'Union africaine venus d'Ouganda, du Burundi, de Djibouti, du Kenya et d'Éthiopie.
 
Chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab ont certes perdu l'essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 27 mars à l'unanimité la Résolution 2408, qui prolonge le mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) jusqu'au 31 mars 2019.