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Somalie, Soudan ou même Nigeria: la famine gagne et l'ONU appelle à l'aide

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 27/06/2017 à 15H13, mis à jour le 27/06/2017 à 15H13

Femmes dans camp en Somalie
Femmes dans un camp en Somalie. Rien que dans ce pays, la famine menace quelque 6 millions de personnes, plus de la moitié de la population.  © Maciej Moskwa / NurPhoto

20 millions de personnes sont menacées par la famine dans le nord-est du Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen, affirme l’ONU. S’ajoutent à cela, selon l’organisation internationale, une aggravation des conditions en République démocratique du Congo, au Kenya, à Madagascar et au Mozambique. Résultat: les fonds manquent et les agences de l'ONU appellent à l'aide internationale.


Même un pays potentiellement riche comme le Nigeria est menacé par la famine. Dans l'indifférence générale, la famine prend de l'ampleur dans le nord du pays. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de deux millions de Nigérians sont menacés dans les zones où Boko Haram a sévi. La crise alimentaire se fait sentir jusqu'à la capitale de cet immense pays de près de 200 millions d'habitants, où les populations du Nord en difficulté viennent tenter de trouver une possibilité de survie.

Pour les régions riches du Nigeria, le Nord est une région lointaine. Et en parler pourrait casser l'image que souhaite afficher le pouvoir, d'un pays qui fonctionne, d'une grande puissance économique en devenir. Pourtant, la réalité est plus sombre. «Plutôt que de nourrir les populations, les élites préfèrent détourner l'argent et le placent dans les paradis fiscaux», note un haut fonctionnaire nigérian cité par RFI.


En janvier 2017, l'ONU a lancé un appel de 1,05 milliard de dollars pour aider près de 7 ​​millions de personnes dans le nord-est du Nigeria. Au mois de mai, seulement 24 millions de dollars avaient été donnés. Plus généralement, les agences de l'ONU s'inquiètent du manque de fonds pour couvrir les besoins pour lutter contre la famine. 

Les programmes d'intervention coordonnés par l'ONU ne sont financés qu'à hauteur de 25%, a déclaré le 21 juin le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha). En décembre 2016, l'ONU et ses partenaires ont lancé un appel pour 2017 et les bailleurs de fonds internationaux ont versé 6,2 milliards de dollars jusqu'à maintenant. «Mais les besoins ont depuis grimpé à 23,5 milliards de dollars, soit 1,3 milliard de dollars de plus qu'initialement prévu», a précisé l'Ocha.

600.000 enfants en danger de mort
Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, a demandé à l'Union européenne de l'aider à réunir un milliard de dollars au cours des prochains mois pour sauver des centaines de milliers d'enfants menacés par la faim dans trois pays africains et au Yémen, évoquant la crise humanitaire la plus grave depuis 1945. 

«Nos statistiques montrent que si nous ne recevons pas dans les trois ou quatre prochains mois ce dont nous avons besoin pour fournir de la nourriture, il est possible de voir mourir 600.000 enfants», a ajouté M.Beasley. Le PAM affirme avoir déjà réduit les rations dans certains pays, pour pouvoir répondre aux besoins plus urgents.

Comme le dit le ministre des Affaires étrangères du Somaliland, Saad Ali Shire, cité par le Guardian: «La communauté internationale ne semble pas capable de répondre tant qu'il n'y a oas d'images d'enfants mourants sur leurs écrans de télévision.»