Trois questions à...

Europe,  Europes

Sommet de Bratislava: le Brexit grippe les institutions européennes

Par Valéry Lerouge@GeopolisAfrique | Publié le 16/09/2016 à 09H40

Drapeau l'UE au siège Commission à Bruxelles
Drapeau de l'UE au siège de la Commission à Bruxelles, le 22 mars 2016. © AFP - GERARD CERLES

Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réunissent le 16 septembre 2016 à Bratislava (Slovaquie) pour leur premier sommet d’après-Brexit, en l’absence de leur homologue britannique. Une réunion qui initiera les discussions sur l’avenir de l’Union. Interview de Valéry Lerouge, correspondant permanent de France 2 à Bruxelles, en charge des questions européennes.


Quel est l’enjeu du Sommet de Bratislava?
C’est le sommet de l’après-Brexit, ou plutôt de l’«après-référendum», puisque le Royaume-Uni n’a toujours pas déclenché la procédure pour son retrait de l’Union. Mais il est très symbolique. Ce sera d’ailleurs un sommet à 27, sans Theresa May, Premier ministre britannique. Les chefs d’Etat et de gouvernement entendent en profiter pour lancer un signal politique, montrer que non seulement l’Union européenne peut continuer sans le Royaume-Uni, mais qu’elle avancera même plus vite. Les 27 tenteront d’afficher une unité et définir un calendrier pour de nouvelles réformes concernant la sécurité, la jeunesse ou encore l’investissement.
 
Mais est-ce que le Brexit ne bloque pas, de fait, le fonctionnement de l’Union européenne?
Techniquement, c’est vrai que l’absence des Britanniques à Bratislava, en fait un sommet «informel» au cours duquel rien de fondamental ne peut être décidé. Mais la vie continue, avec ou sans eux, et d’ailleurs, la Commission européenne n’a jamais été aussi active! Depuis la rentrée, en dépit du flou qui règne autour du Brexit, elle multiplie les signaux et décisions qui parlent aux citoyens : l’amende record infligée à Apple, les réclamations auprès de Volkswagen pour que le constructeur dédommage les clients européens comme il l’a fait pour les Américains, ou encore, le changement de ton à l’égard du pantouflage de José Manuel Barroso chez Goldman Sachs.
 
Visiblement, la Commission européenne a entendu le message des Britanniques du 23 juin, mais aussi des eurosceptiques qui ont le vent en poupe dans de nombreux Etats membres.
 
Qu’attend le Royaume-Uni pour sortir de l’Union ?
D’être d’accord avec lui-même! Theresa May peine à définir le modèle qu’elle veut proposer pour son pays, car son gouvernement se divise sur le sujet, entre ceux qui veulent garder le plus d’attaches possible avec l’Union (et notamment avec son marché unique), et les plus radicaux qui veulent couper le cordon. Elle n’activera l’article 50 que lorsqu’elle aura trouvé un accord. «Pas avant le début de l’année 2017», a-t-elle précisé.

Ses homologues européens prennent leur mal en patience. Après avoir exhorté le Royaume-Uni à déclencher au plus vite la procédure, les chefs d’Etat et de gouvernement et les hauts fonctionnaires européens ont admis le fait qu’il fallait lui laisser du temps. Une fois l’article 50 déclenché, la procédure de divorce prendra au moins deux ans. Le temps de détricoter les milliers d’accords dans de multiples secteurs, et de les réécrire en vertu du futur statut du Royaume-Uni.