Soudan du Sud: «Fatigués», les artistes militants d’Ana Taban veulent la paix

Par Laurent Filippi | Publié le 21/07/2017 à 13H52

Alors que le Soudan du Sud s’enfonce dans le chaos, Ana Taban, un collectif d’artistes, essaye d’apporter un peu d’espoir à la jeunesse. Ils œuvrent pour la paix et la justice à travers leurs créations et diffusent un discours de tolérance et de réconciliation.

 8 photos d’Andreea Campeanu représentant des artistes et des œuvres du collectif illustrent ce propos

  • Le Sud-Soudan a obtenu son indépendance en 2011.
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    Le Sud-Soudan a obtenu son indépendance en 2011.

    Mais deux ans et demi après sa création, le pays a basculé dans un conflit politico-ethnique quand en décembre 2013, le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président Riek Machar d’être à l’origine d’un coup d’Etat. Malgré la présence d’une force onusienne de 17.000 hommes, personne ne semble en mesure d’arrêter ce carnage qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3,5 millions de déplacés. © Andreea Campeanu / Reuters

  • Dans ce pays déchiré par guerre civile
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    Dans ce pays déchiré par la guerre civile,

    même si la paix semble s’éloigner un peu plus chaque jour, le collectif d’une quarantaine d’artistes-activistes sud-soudanais Ana Taban utilise tous les moyens – peinture, musique, poésie, théâtre, comédie, danse et mode – pour faire passer leur message de paix. Ana Taban signifie «Je suis fatigué»… fatigué de voir son peuple souffrir, explique un membre de ce mouvement. © Andreea Campeanu / Reuters

  • «Sans bain sang»
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    «Sans bain de sang»

    a été le mot d’ordre du collectif Ana Taban en 2017. Si les artistes sont conscients de ne pas pouvoir stopper le conflit avec la seule force de leurs œuvres, ils continuent de véhiculer un discours pacifiste.  © Andreea Campeanu / Reuters

  • Asif Kafi Yousif Mohammed Haroun son vrai nom poète rappeur explique
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    Asif Kafi (Yousif Mohammed Haroun de son vrai nom), poète et rappeur, explique:

    «L'artivisme d’Ana Taban véhicule un message de paix et de réconciliation.» Tous les artistes de cette «plus jeune nation du monde» essayent de faire passer leur message dans la capitale Juba et sa périphérie en créant des événements en plein air, mais aussi en se rendant dans les hôpitaux, les prisons ou les écoles du reste du pays. © Andreea Campeanu / Reuters

  • Ce conflit entre partisans deux camps
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    Ce conflit entre les partisans des deux camps,

    dont beaucoup vivent hors du pays, s’est aussi répandu sur les réseaux sociaux avec la propagation de discours de haine. Pour y remédier, le collectif a créé #AnaTaban, une plateforme permettant à d'autres jeunes Sud-Soudanais de faire entendre leur voix, de dire enfin ce qu'ils pensent. © Andreea Campeanu / Reuters

  • Le rappeur Meen Mabior Meen 30 ans
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    Le rappeur Meen Mabior Meen, 30 ans,

    est l’auteur de la chanson «Malesh» («C’est pardonné», en arabe). Membre fondateur d’Ana Taban, il explique que cette plateforme permet aux jeunes d’aborder des questions qui peuvent changer le pays. Les militants et les membres de ce réseau réclament l’arrêt total de la violence et la réconciliation.  © Andreea Campeanu / Reuters

  • Ayak Chol Deng 31 ans
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    Ayak Chol Deng, 31 ans,

    épidémiologiste et poète, est l’une des cofondatrices du groupe. Cette mère de trois enfants, divorcée croit en la jeunesse de son pays. Elle explique: «J’espère de meilleures institutions, de meilleures possibilités pour les jeunes. Je n’ai pas besoin d'être dans une tribu spécifique.» © Andreea Campeanu / Reuters

  • Jacob Bul Bior 28 ans comédien déclare
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    Jacob Bul Bior, 28 ans, comédien, déclare:

    «Nous essayons de réapprendre aux gens à vivre ensemble, à les rapprocher. Nous sommes neutres, nous sommes non-partisans.» En collaboration avec Woyee Film & théâtre, il a créé des films d'éducation civique et des pièces de théâtre. En 2011, lors du référendum, il a appris aux gens comment voter. Comme tous les membres du collectif, il espère éduquer ses concitoyens sur la nécessité d'une résolution non-violente au conflit. © Andreea Campeanu / Reuters