Portrait

Sylvie Guillaume, Liberté, Egalité, Fraternité

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 04/03/2014 à 16H42, mis à jour le 04/03/2014 à 16H42

Sylvie Guillaume

Au nom des libertés
© European Union 2013-EP

Certains noms ne vous seront pas inconnus, d’autres n’éveilleront sans doute rien en vous. Ils ne sont pas tous français, après tout ce Parlement est européen ! Une rapide fiche signalétique, un court portrait pas toujours totalement objectif et surtout trois questions : 1. Avez-vous l’impression d’être écouté, influent ? 2. Quelle est votre plus belle réussite ? 3. Votre plus beau flop ?

 ·  
 Sylvie                             
 GUILLAUME
·         Groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates                     
    vice-présidente
·          FranceParti socialiste               
    Née le 11 juin 1962, Antony
    http://www.sylvieguillaume.eu/
 
 
Je sais, le titre fait un peu pompeux. Mais notre brave devise nationale illustre bien les combats de Sylvie Guillaume au sein de ce Parlement européen. Et le mot combat n’est pas toujours exagéré.
 
Liberté, Sylvie Guillaume est membre de la commission LIBE de l’assemblée. L’immigration, le droit d’asile, les droits des réfugiés, les sujets et les combats sont nombreux. L’égalité, elle travaille aussi sur le handicap, l’égalité hommes femmes, la lutte contre l’homophobie. La fraternité, Sylvie Guillaume assure au sein de son groupe politique, les Socialistes et Démocrates, un groupe de travail sur la montée de l’extrême droite et des populismes en Europe. Je n’oubliais pas son travail sur la situation des Roms en lien aussi avec son action locale. Car à Lyon elle est aussi adjointe au maire chargée des affaires sanitaires et sociales et de la solidarité (elle ne se représentera plus). Et le dossier des Roms est sujet à fortes discussions dans l’agglomération.
Vice-présidente de son groupe politique, déléguée à l’Europe des citoyens, elle veut continuer son travail de parlementaire mais n’est pas tête de liste ce qui sans doute la chagrine, mais discrètement. Car Sylvie Guillaume, capable pourtant de coups de gueule, ne s’attarde pas vraiment dans la cuisine politique. Elle pense avoir autre chose à faire. Elle n’a sans doute pas tord.
 
 Pensez-vous avoir joué un rôle important dans cette mandature ? Avoir été écoutée ?
 
 Pour être écouté-e au Parlement européen, il faut être présent-e,
 impliqué-e et maîtriser les dossiers, car en effet un parcours
 politique à l'échelle européenne s'inscrit dans le temps long. Pour ma
 part, ce premier mandat a d’abord été l'occasion d'installer une
 crédibilité auprès des autres députés pour ensuite acquérir
 suffisamment d'influence. De ce point de vue, je pense que le contrat
 a été rempli.
 Être rapporteur-e offre une position privilégiée pour défendre au
 mieux les intérêts des citoyens, en particulier durant les
 négociations avec le Conseil. A cet égard, j'ai engrangé plusieurs
 réussites sur des rapports compliqués et longs à négocier. Mon
 élection à la Vice-Présidence du Groupe S&D à mi-mandat a également
 souligné la confiance que m'accordent mes collègues.

 Votre plus belle réussite, fierté, gros coup ?

 Le vote de mon rapport sur les procédures d'asile en juin dernier a
 été un très beau succès politique et personnel. Dès mon élection en
 2009, j’ai souhaité rejoindre la Commission Libertés civiles pour
 m'investir dans cette réforme de l'asile. Après plus de trois ans de
 négociations face à un Conseil ancré sur ses positions, nous sommes
 finalement parvenus avec le nouveau Régime d'asile européen commun, à
 doter l'Europe de règles plus protectrices et plus justes pour les
 demandeurs. Pour ne citer que quelques unes des avancées contenues
 dans le rapport, nous avons obtenu
 : la protection des mineurs non accompagnés et des personnes
 vulnérables, l'accès à un conseil juridique pour les demandeurs, un
 meilleur encadrement du placement en détention et la limitation à un
 délai général de 6 mois pour l'examen des demandes.
 S'il fallait ajouter à cette réussite un grand moment de fierté
 collective ce serait, sans nul doute, le rejet d'ACTA en juillet 2012.
 Ce vote a prouvé que les députés européens pouvaient porter la voix
 des citoyens, sanctionner un accord commercial qui favorisait
 uniquement les multinationales et exiger la transparence des
 négociations internationales.

 Votre plus beau loupé, flop ?

 Ça n'est pas du fait du Parlement mais la paralysie sur la projet de
 directive non-discrimination est source d'agacement pour moi. Le
 Parlement européen s'était prononcé dès 2009 en faveur d'une mise en
 œuvre du principe d'égalité de traitement entre les personnes sans
 distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou
 d’orientation sexuelle. Depuis plus rien … le Conseil bloque, aidé par
 le silence de la droite qui avait voté contre le projet en 2009. Les
 États avancent l'argument d'obstacles financiers alors que sans
 adoption de cette directive, le droit européen risque d'entrer en
 contradiction avec le droit international auquel l’Union Européenne
 doit se conformer. Le Parlement européen a acquis de nouveaux pouvoirs
 avec le Traité de Lisbonne et les députés Socialistes et Démocrates
 restent très mobilisés sur le sujet, le combat n'est donc pas terminé !