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Syrie: Amal Clooney prête à poursuivre Bachar al-Assad pour crimes de guerre

Par Alain Chemali@GeopolisAfrique | Publié le 22/09/2016 à 12H08

Amal George Clooney
L'avocate internationale Amal Clooney, spécialisée dans les droits de l'Homme, en compagnie de son mari, l'acteur George Clooney, au sommet sur les réfugiés dans le cadre de l'Assemblée générale de l'ONU, le 20 septembre 2016 à New York.  © PETER FOLEY/DPA/AFP

Après s’être récemment engagée dans la défense de Nadia Murad Basee Taha, une Yézidie ancienne otage de Daech, Amal Clooney, épouse de l’acteur américain George Clooney, se dit prête à participer à toute poursuite judiciaire contre le Président Bachar al-Assad. Elle rappelle que le gouvernement syrien a été reconnu par l’ONU coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.


Avant de devenir l’épouse de Georges Clooney, Amal née Alamuddine était une avocate internationale spécialisée dans la défense des droits de l’Homme et n’entend pas l’oublier.
 
Dans un entretien avec une chaîne britannique, cette femme de 38 ans, d’origine libanaise, se dit prête à participer à toute action judiciaire contre le président syrien. «Si une poursuite était engagée contre le président Assad, je serais ravie d’y travailler», a-t-elle déclaré à Channel 4 News.


Une avocate internationale rodée aux dossiers délicats et brûlants 
«Je pense que l’ONU est arrivée à la conclusion que le gouvernement syrien a bien commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Ils ne sont pas les seuls, il y a d’autres acteurs qui ont commis les mêmes crimes. Mais je pense qu‘il y a peu de doute sur le fait que c’est bien de cela qu’il s’agit», a-t-elle encore expliqué.
 
Ce n’est pas la première fois que cette avocate internationale s’engage sur des dossiers délicats et brûlants. Au sein du cabinet Doughty Street Chambers de Londres, elle a eu pour clients des noms qui ont défrayé la chronique: Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, Ioulia Tymochenko, ex-Premier ministre ukrainienne ainsi que le fils de Kadhafi, Saïf el Islam, condamné à mort en Libye.
 
Professeur de droit à l’université Columbia de New York depuis 2015, elle a accepté la même année de défendre Mohamed Nasheed, le premier président des Maldives élu au suffrage universel et condamné à 13 ans de prison pour avoir fait arrêter un juge notoirement corrompu.
 
Plus récemment, elle a pris la défense de Nadia Murad Basee Taha, une Yézidie de 23 ans otage de l’organisation de l’Etat islamique. Kidnappée dans son village de Kocho près de Sinjar en août 2014, Nadia avait été transformée en esclave sexuelle des combattants de Daech. Sortie de l’enfer de Mossoul, capitale du califat d’Abou Bakr al-Baghdadi, Nadia se consacre à la défense des droits de sa communauté dont le nombre est très approximativement estimé entre 100 et 600.0000. Ce qui lui a valu d’être nommée, le 16 septembre 2016, ambassadrice de l’ONU pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains.

Plus d'audace que tous les chefs d'Etats réunis à New York 
 «Des milliers de femmes yézidies ont été réduites en esclavage par une organisation terroriste, l'EI, qui commet un génocide, et pourtant ce crime reste impuni, a déploré sa défenseuse, Amal Clooney, ajoutant: J'ai honte en tant qu'être humain de constater que leurs appels à l'aide ne sont pas entendus.»
 
En s’attaquant à Daech pour génocide, trafic humain et violences sexuelles sur les Yézidis, Amal Clooney, la brillante avocate, prenait déjà des risques. En se disant prête à s’associer aux poursuites contre Bachar al-Assad, elle fait preuve de davantage d'audace que tous les chefs d’Etats réunis lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.