Syrie,  Moyen-Orient

Syrie: combien de temps l'EI va-t-il tenir Raqqa et surtout Palmyre ?

Par Pierre Magnan@GeopolisFTV | Publié le 18/03/2016 à 15H37

Char l'armée syrienne près Palmyre
Char de l'armée syrienne près de Palmyre (17 mars 2016) © Mikhail Voskresenskiy / RIA Novosti

Palmyre va-t-elle revenir entre les mains du régime de Damas ? Pendant que les négociations sur la Syrie entamées à Genève sous l’égide de l’ONU se poursuivent lentement, les combats sur le terrain contre les groupes djihadistes semblent se poursuivre avec notamment pour objectifs majeurs la cité antique de Palmyre et la capitale de l’ «Etat islamique » Raqqa.

Sur le terrain, la trêve imposée le 27 février par Moscou et Washington tient peu ou prou, malgré des violations sporadiques. Ces trois derniers jours ont été «étonnamment calmes», a d'ailleurs relevé Staffan de Mistura, le négociateur de l’ONU. Une trêve qui ne touche pas les combats contre les groupes considérés comme terroristes, l’EI notamment. Or, cette organisation tient notamment deux villes symboliquement importantes en Syrie: Raqqa dont il a fait sa capitale et Palmyre qui abrite la cité antique de la reine Zenobie. 

Militairement, «l'Etat islamique serait sur la défensive, et aurait perdu environ 20% de son territoire, selon un nouveau rapport de IHS Jane's 360, dont l'auteur est Columb Strack. Jane's est un éditeur reconnu et crédible de rapports et d'analyse sur les questions de défense» notait Atlantico le 17 mars. «Une nouvelle étude indique qu'au cours des 3 derniers mois, l'État islamique a encore perdu 8 % de son territoire», toujours par rapport à ce qu'il contrôlait au 1er janvier 2015, indique de son côté Le Point citant l’IHS.

Il est certain qu'entre les bombardements russes, la poussée victorieuse des Kurdes aidés par les Américains et les aides de forces alliées (iranienne ou Hezbollah), les forces djihadistes ont perdu beaucoup de terrain ces derniers mois. Dans le nord du pays, les Kurdes, soutenus par des forces arabes, ont pris de larges bandes de territoires à l'Etat islamique. «Ils se sont montrés d'excellents partenaires pour nous sur le terrain pour combattre le groupe Etat islamique», a affirmé le ministre américain de la Défense Ashton Carter, devant la commission des  forces armées du Sénat, à Washington, à propos des Kurdes.

Les Kurdes syriens  (YPG) ont joué un rôle crucial dans le combat contre le groupe  Etat islamique (EI) en Syrie , constituant le fer de lance des forces qui ont repris du terrain aux jihadistes dans le nord-est du pays. Ils restent très largement dominants dans les Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-syrienne soutenue par les Etats-Unis. Le Pentagone estime toutefois que les combattants arabes sont de plus en plus nombreux à rejoindre cette coalition. Les FDS, aidées par des forces spéciales américaines, ont conquis récemment Chaddadé dans le nord-est de la Syrie, un bastion jihadiste considéré comme stratégique. Selon le général Dunford, elles comptent aujourd'hui au total, tous groupes  confondus, «de 10 à 15.000 hommes», plus une réserve estimée de «20 à 30.000 hommes».

Combattant kurde à 50 km Raqqa
Combattant kurde à 50 km de Raqqa (octobre 2015) © DELIL SOULEIMAN / AFP

Objectif Raqqa ?
Les forces kurdes du PYD ont indiqué que la libération de Raqqa, la capitale auto-proclamée de l’Etat islamique, était une priorité pour elles.  Les Kurdes se souviennent que les attaques contre Kobané avaient été lancées depuis cette ville. Mais certains Kurdes estiment que ces derniers auraient du mal à gérer cette ville à population arabe. La décision de prendre la «capitale» de l'EI n'est, semble-t-il, pas encore prise. Pour Salih Muslim, chef du Parti de l'Union démocratique (PYD), la prise de Raqqa est aussi une priorité pour le Rojava (nom de la région kurde).  «C’est pourquoi la ville doit être prise le plus vite possible», selon Aranews

Mais l'opération ne pourrait se faire qu'avec l'aide de l'aviation américaine. Comme cela a été le cas lors de la prise de Kobané. 

La reprise de Palmyre imminente ?
En revanche, il semble bien que les combats pour reprendre Palmyre (Tadmor en arabe) sont en cours. «Les conditions pour l'encerclement et la défaite de Daesh sont réunies à Palmyre», a indiqué un général russe. Prise en mai 2015 par le groupe djihadiste État islamique (EI), la ville syrienne –qui abrite un important site antique- serait sur le point d’être reprise par l’armée syrienne.

Les réseaux sociaux font état de combats près de la cité antique. «Les soldats du califat (...) ont tué cinq soldats russes et six membres de l'armée» syrienne ainsi que plusieurs miliciens chiites du Hezbollah libanais, a indiqué l'EI dans un communiqué sans préciser la date des combats. D'autres sites font état de la mort d'un chef libanais de L'EI et d'avancées de l'armée autour de la cité.  
 
                   
«L'armée syrienne, grâce aux bombardements de l'aviation et des hélicoptères russes, a pris le contrôle d'une colline à l'ouest de Palmyre après une violente bataille avec l'EI et domine désormais la ville». Si l'armée syrienne s'empare de Palmyre, joyau antique inscrit au patrimoine de l'humanité, «ce serait une importante victoire, car cela lui ouvrirait la voie vers la frontière irakienne», souligne l'OSDH. 

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