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Syrie: la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale

Par Alain Chemali@GeopolisAfrique | Publié le 27/07/2015 à 16H15, mis à jour le 27/07/2015 à 18H31

Enfants syriens dans Ghouta Damas
Privés d'école, les enfants syriens sont de corvée d'eau dans la Ghouta de Damas, où 700 cas d'hépatite ont été enregistrés en juillet 2015 en raison d'une consommation d'eau non potable. © AMER ALMOHIPANY / NURPHOTO

Entre la répression féroce du régime de Bachar al-Assad, les combats opposant ses forces et celles de la rébellion et les guerres de conquêtes inter-djihadistes d’Al-Qaida et de l’Etat islamique, la population syrienne paye le prix fort du jeu des puissants. La Commission européenne estime à 12 millions et demi le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire à l’intérieur de la Syrie.


En presque cinq ans de répression et de combats, le conflit syrien aura déclenché «la plus grande crise humanitaire que le monde ait connu depuis la Seconde guerre mondiale», selon la formule choc du dernier rapport de la section Aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne.
 
Elle estime à 12,2 millions, c'est-à-dire plus de la moitié des 22,8 millions de Syriens, le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire à l’intérieur du pays.

Plus de la moitié des Syriens ont besoin d'assistance humanitaire 
Autre record: 7,6 millions d’entre elles sont répertoriées comme déplacées. C'est-à-dire des personnes contraintes sous la pression des bombardements aveugles, des viols et autres violences sexuelles, des enlèvements, des recrutements d’enfants et des exécutions sommaires, à quitter leur maisons, leurs villes ou leurs villages, pour se replier dans des coins plus épargnés.
 
A ces chiffres, en continuelle progression, viennent s’ajouter les quatre millions de Syriens qui ont trouvé refuge dans les pays voisins. Plus d’un million au Liban, près de deux millions en Turquie et un million se partageant entre Jordanie, Irak, et Egypte et Afrique du Nord pour les plus nantis.
 
D’autres enfin prennent le risque de la traversée en bateaux, barques ou zodiacs en piteux états, pour se rendre en Europe, et le racket et les éventuels naufrages qui vont avec.

Les services de base de l'ensemble du pays menacent de s'effondrer 
Parallèlement à ce formidable bouleversement de la géographie humaine, le rapport souligne que «les services de base dans l’ensemble du pays menacent de s’effondrer, plaçant les communautés locales dans une position d’extrême vulnérabilité.»
 
Selon la Commission, plus de 60% des infrastructures hospitalières ont été détruites alors que plus d’un million de personnes nécessitent des soins hospitaliers. Même situation sinistrée dans l’éducation et l’enseignement: 5000 écoles ont été détruites alors que 5,6 millions d’enfants sont affectés par le conflit et que trois millions d’entre eux sont privés d’écoles.
 
Les difficultés à organiser les aides alimentaires, l’accès à l’eau, aux soins, aux sanitaires ou à l’hygiène de base ainsi qu’aux produits de première nécessité laissent au total près de 10 millions de personnes en insécurité alimentaire, dont 4,8 dans des zones assiégées et inatteignables.
 
Enfin, le texte rappelle le chiffre de 560.000 réfugiés palestiniens en Syrie et précise que 80% d’entre eux sont en situation nécessitant une assistance humanitaire.

L'ampleur des besoins est écrasante 
Avec une mobilisation totale et commune des Etats membres d’environ 3,7 milliards d’euros et la décision de la Commission d’accroître son aide de 136 millions, «l’Union Européenne est un donateur de premier plan dans la réponse à la crise syrienne»,
mais «l’ampleur des besoins humanitaires est écrasante dans toutes les régions du pays» et «les enfants et les personnes âgées constituent les populations les plus à risque.»