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Tanzanie: le président John Magufuli veut mettre les détenus au boulot

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 17/07/2018 à 09H27

Le président tanzanien John Magufuli à Dar es Salaam 30 octobre 2015
Le président tanzanien, John Magufuli, à Dar es Salaam, le 30 octobre 2015. © REUTERS/Sadi Said

Les détenus devront travailler «jour et nuit» et recevoir des «coups de pied» s'ils font preuve de «paresse», a ordonné le président tanzanien John Magufuli le 14 juillet 2018 aux autorités carcérales de ce vaste pays d'Afrique de l'Est.


Le chef de l'Etat tanzanien a donné ces nouvelles instructions alors qu'il procédait à l'investiture du nouveau Commissaire général des prisons.

«C'est une honte pour le pays de continuer à nourrir les détenus. Toutes les prisons ont des champs, il faut que ces derniers les cultivent. Certains membres du personnel des prisons n'ont pas de logement. Faites travailler les prisonniers, qu'ils fabriquent des briques nuit et jour», a-t-il déclaré. «S'ils font preuve de paresse, assenez-leur des coups de pied. Vous avez là une main-d'œuvre, gratuite en plus», a poursuivi le président tanzanien.
           
Au «bulldozer»

Poursuivant sur le même registre, John Magufuli a demandé aux autorités carcérales de mettre un terme aux visites conjugales en prison. «Un homme est emprisonné, laissant sa femme à l’extérieur. Un surveillant de prison reçoit un jour cette femme et autorise le prisonnier à faire des choses qu'il n'est pas censé faire durant sa détention. Je ne veux plus entendre parler de cela», a lancé le président, surnommé le «bulldozer» pour ses déclarations musclées.

Il a encore affirmé que le manque d'activité des détenus favoriserait la consommation de drogue et l'homosexualité.
           
Depuis son accession au pouvoir en 2015, le président Magufuli a été critiqué par des organisations de défense des droits de l'homme et de la société civile pour son autoritarisme. Ses détracteurs l'accusent de réprimer l'opposition et la liberté d'expression.

Jusque-là, le style du chef de l’Etat nourrissait sa popularité. Une popularité qui semble avoir beaucoup baissé, aux dires de certains sondages.