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Tchad: le président Déby pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2033 seulement

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 01/05/2018 à 09H02, mis à jour le 01/05/2018 à 09H02

Une affiche président Idriss Déby à N'Djamena
Une affiche du président Idriss Déby à N'Djamena lors de la campagne présidentielle de 2016 © ISSOUF SANOGO / AFP

Les députés tchadiens devaient adopter le 30 avril 2018 le projet de révision de la Constitution. Le nouveau texte controversé limite le nombre de mandats présidentiels mais donne les pleins pouvoirs au président.


Selon la nouvelle Constitution, le mandat du président n’est plus renouvelable indéfiniment au Tchad. Le chef de l’Etat pourra se faire élire deux fois de suite et pas plus.

Mais ce qui peut apparaitre comme une avancée démocratique n’est en fait qu’un trompe l’œil. Le président Idriss Déby, dont le 5 ème mandat expire en 2021, pourrait, s’il le souhaite, rajouter deux nouveaux mandats à son actif.
 
Régime présidentiel intégral
Le poste de Premier ministre a été supprimé et le nouveau texte de loi ne prévoit pas la création d'un vice-président contrairement à ce qui avait été évoqué lors d’un forum national en mars boycotté par l’opposition et une grande partie de la société civile.

Désormais, les ministres, nommés par le chef de l’Etat, prêteront serment devant lui. Le chef de l'Etat pourra aussi «déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres».
 
Un passage en force ?
Le document, composé de 228 articles, prévoit de nombreuses autres réformes, notamment la réorganisation administrative. Mais pour l’opposition, il s’agit avant tout de pérenniser le pouvoir du président Déby.

L'opposition et une partie de la société civile avait demandé à ce que le texte soit adopté par référendum.

Un des principaux partis contestataires, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), déplore un «vote quasi mécanique» au Parlement, dans la mesure où le pouvoir possède une large majorité.
        
L'Eglise estime, elle aussi, que l'adoption de la Constitution par voie parlementaire «risque de fausser gravement les règles du jeu démocratique.»