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Tchad,  Afrique

Terrorisme : le Tchad et le Qatar ferment leurs ambassades respectives

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 25/08/2017 à 11H49, mis à jour le 25/08/2017 à 11H49

Tchad armee
L'armée tchadienne en 2013 en route vers le Mali © AFP/Boureima HAMA

Le ton monte entre le Tchad et le Qatar. N'Djamena accuse Doha de «déstabilisation du Tchad à partir de la Libye» et ferme l'ambassade du Qatar en donnant dix jours au personnel pour quitter le pays. Par mesure de rétorsion, le Qatar a ordonné la fermeture de l'ambassade du Tchad à Doha et ordonné aux diplomates tchadiens de quitter le pays dans un délai de 72 heures.

«Le ministère des Affaires étrangères porte à la connaissance de l'opinion qu'en raison  de l'implication continue de l'État du Qatar dans les tentatives de déstabilisation du Tchad depuis la Libye, le gouvernement a décidé la fermeture de l'ambassade, le départ de l'ambassadeur et du personnel diplomatique du territoire national», indique le communiqué du ministère tchadien. 

Le Tchad avait annoncé, mercredi 23 août 2017, qu'il donnait dix jours aux diplomates du Qatar pour quitter le pays, accusant l'émirat de se livrer à une tentative de déstabilisation en exploitant la situation en Libye.


Le Tchad n'a pas fourni de précisions à ses accusations contre les autorités qataries. Les Emirats arabes unis et le Qatar avaient soutenu les rebelles qui ont renversé Mouammar Kadhafi en 2011 mais soutiennent désormais des camps adverses dans la guerre qui se poursuit en Libye.

Selon RFI, qui cite des sources sécuritaires, c’est l’attaque contre une patrouille des forces armées tchadiennes, la semaine dernière près de la frontière libyenne, qui aurait conduit les autorités tchadiennes à prendre ces mesures. Le Tchad a demandé vainement au Qatar d’expulser le chef rebelle Timan Erdimi, installé à Doha depuis fin 2009. Hissein Brahim Taha, ministre tchadien des Affaires étrangères affirme à RFI que le cas du chef de l'Union des forces de la résistance (UFR) est au centre de cette brouille diplomatique.



La décision des autorités tchadiennes «intervient dans une campagne de chantage contre l'Etat du Qatar avec l'intention de rejoindre les pays assiégeants pour des raisons bien connues», a déclaré le directeur du service de presse du ministère qatari des Affaires étrangères. Le Qatar a ordonné la fermeture de l'ambassade du Tchad à Doha et a ordonné aux diplomates tchadiens de quitter le pays dans un délai de 72 heures.

Le Tchad avait rappelé son ambassadeur au Qatar en juin, comme d'autres pays africains (Sénégal, Mauritanie). Quelques jours plus tôt, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et l'Egypte avaient rompu leurs relations diplomatiques avec Doha en l'accusant de «soutien au terrorisme».