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Therese Okoumou, «The Lady of Liberty», dénonce la politique migratoire de Trump

Par Falila Gbadamassi avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 07/07/2018 à 09H02, mis à jour le 09/07/2018 à 10H43

Thérèse Okoumou au pied statue Liberté 4 juillet 2018
Thérèse Okoumou au pied de la statue de la Liberté, le 4 juillet 2018, pour protester contre la séparation des familles de migrants aux frontières américaines.  © HO / PIX11 NEWS / AFP

Elle est désormais la «Lady of Liberty». Therese Patricia Okoumou, originaire de République Démocratique du Congo, a escaladé la statue de la Liberté à New York le 4 juillet 2018 pour protester contre la séparation des familles des migrants à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.


Lady of Liberty (la dame de la liberté), c'est le surnom que lui a donné son avocate. Les images de Therese Patricia Okoumou ont fait le tour des telévisions américaines le 4 juillet 2018. Congolaise d'origine, naturalisée américaine, elle avait réussi à se hisser au pied de la statue de la Liberté pour protester contre la politique migratoire de Donald Trump. 

Pendant près de quatre heures, elle a refusé de descendre, contraignant les gardes du site à aller la chercher avec des cordes, comme l'ont montré des images prises par hélicoptère et diffusées par les télévisions locales. Le piédestal de la statue fait 46 mètres de hauteur, et la torche culmine à près de 93 mètres. Les responsables du National Park Service ont dû évacuer Liberty Island, l'île où se trouve le monument, traditionnellement fréquentée par des milliers de visiteurs le jour de la fête nationale américaine.

Vêtue d'un T-shirt de l'organisation anti-Trump Rise and Resist (Levez-vous et résistez), elle avait d'abord affirmé aux policiers qu'elle ne descendrait que lorsque les parents migrants arrêtés à la frontière mexicano-américaine auraient retrouvé leurs enfants.

La militante anti-Trump a été inculpée le 5 juillet 2018, puis remise en liberté. Therese Patricia Okoumou a été inculpée de trois chefs d'accusation, dont violation de propriété privée et trouble à l'ordre public, selon un communiqué du procureur fédéral de Manhattan. Chacune des infractions est passible de six mois de prison.

Accompagnée de militants pro-migrants, Therese Okoumou, 44 ans, a plaidé non-coupable devant un juge avant d'être relâchée, les infractions dont elle est accusée étant considérées comme mineures, a précisé un porte-parole du procureur. Elle doit se représenter au tribunal le 3 août.

«Je suis allée aussi haut que j'ai pu»
Au sortir de son audition, elle a adapté la célèbre formule anti-Trump utilisée par l'ancienne première dame américaine Michelle Obama qu'elle admire. «Quand ils s'abaissent, nous nous élevons (When they go low, we go high). Je suis allée aussi haut que j'ai pu», a-t-elle déclaré pour expliquer son initiative. «Dans une démocratie, on ne met pas les enfants dans une cage», a ajouté Therese Okoumou. 

Source : CBS New York. Vidéo mise en ligne le 5 juillet 2018

Therese Okoumou est originaire de République démocratique du Congo (RDC). Elle est arrivée aux Etats-Unis en 1994. Elle vit à Staten Island, une île new-yorkaise proche de la statue de la Liberté. 

Plus de 2.300 mineurs ont été séparés de leurs parents en quelques semaines lorsque le président Donald Trump a décidé d'appliquer une politique de «tolérance zéro» en matière d'immigration clandestine. Après une vive polémique, il a fait machine arrière en juin 2018 mais les retrouvailles parents-enfants tardent à se concrétiser.

De nombreux défenseurs des migrants, dont Bernice King, la fille de Martin Luther King, ont aussi salué son «courage» sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #ThereseOkoumou.