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Togo : la CEDEAO plaide pour des élections d'ici la fin de l'année 2018

Par Julie Bourdin (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 01/08/2018 à 15H57, mis à jour le 01/08/2018 à 16H24

Manifestation l'opposition à Lomé 20 septembre 2017
Manifestation de l'opposition à Lomé le 20 septembre 2017 © REUTERS/Stringer

Après près d'un an de crise politique, les chefs d'Etat de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont adopté une série de recommandations pour la tenue d'élections législatives d'ici la fin de l'année au Togo. Si le parti présidentiel y est favorable, l'opposition, elle, redoute des élections «frauduleuses».


«La conférence des chefs d'Etat exhorte le gouvernement à procéder à la révision intégrale du fichier électoral en vue de l'organisation le 20 décembre 2018 des élections législatives», indique un communiqué publié par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest à l'issue d'un sommet à Lomé le 31 juillet.

Les chefs d'Etat présents au sommet ont ainsi encouragé le gouvernement togolais à tenir des élections législatives dans l'année, une perspective pourtant rejetée par l'opposition.

Au cours des derniers mois, des dizaines de milliers de Togolais sont descendus dans les rues en réponse à l'appel de la coalition de l'opposition pour réclamer le départ du président Faure Gnassingbé et le retour de la limitation de mandats présidentiels inscrite dans la Constitution de 1992.

Les opposants craignent des fraudes électorales en cas de tenue des élections en décembre, mais ont malgré tout participé au dialogue mis en place par la CEDEAO. Deux de ses requêtes ont été acceptées à l'issue du sommet : le vote de la diaspora et le scrutin à deux tours pour la présidentielle prévue en 2020.

Limitation rétroactive à deux mandats présidentiels
Le président togolais Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 2005, ayant succédé à son père Eyadéma qui a dirigé le pays pendant 38 ans, et a été réélu à plusieurs reprises dans des scrutins contestés. La coalition d'opposition réclame l'application rétroactive de la limitation à deux mandats présidentiels, afin d'empêcher le chef de l'Etat de se représenter une quatrième fois.

L'opposition avait cependant exprimé ses espoirs limités en la CEDEAO : le porte-parole de la coalition, Eric Dupuy, avait récemment reconnu lors d'une interview sur une radio locale ne pas s'attendre à des « miracles ».