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Transnistrie, Abkhazie, Donetsk: ces «Républiques» qu'aucun Etat ne reconnaît

Par Titouan Lemoine@GeopolisFTV | Publié le 11/07/2014 à 16H40, mis à jour le 11/07/2014 à 16H57

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Un manifestant brandit le drapeau de la «République populaire de Donetsk», lors d'un rassemblement pro-russe dans ce bastion des séparatistes ukrainiens. © ALEXANDER KHUDOTEPLY / AFP

Toujours engagés dans un conflit avec l'armée ukrainienne, les rebelles séparatistes de Donetsk cherchent des alliés là où ils le peuvent. Ils ont notamment demandé la reconnaissance de deux autres micro-régions séparatistes, la Transnistrie et l'Abkhazie. Une manière de chercher à se placer sous la protection de Moscou.

Longtemps incertain, le conflit ukrainien entre le pouvoir central de Kiev et les rebelles pro-russes de l’est du pays est en train de tourner à l’avantage de l’armée régulière. De leur côté, les partisans de la «République populaire de Donestsk» continuent d’appeler la Russie à l’aide et se tournent vers des alliés moins colossaux. Le 9 juillet 2014, la région sécessionniste d'Ukraine a officiellement demandé l’établissement de relations diplomatiques avec l’Abkhazie et la Transnistrie, deux autres micro-Etats sécessionnistes de Géorgie et de Moldavie.

Transnistrie et Abkhazie: les poupées russes 
Les points communs entre les trois régions sécessionnistes ne manquent pas. Toutes sont nées dans un conflit civil avec le pouvoir central d’un pays d’ex-URSS, ne sont reconnues que par elles-mêmes et une poignée d’autres pays et, surtout, sont soutenues par Moscou. Au début des années 90, malgré la dissolution de l'URSS, l'Europe de l'Est est restée le jardin de Moscou.
En 1992, la 14e armée russe (ex-soviétique) intervient directement face à l'armée moldave qui cherche à ramener la Transnistrie dans le giron de Chisinau. La Transnistrie devient une poche prorusse entre la Moldavie et l'Ukraine, où Moscou compte toujours 1500 hommes à ce jour.

La position russe lors de la guerre civile géorgienne, qui s'étend de 1991 à 1993, fut plus complexe. A la déclaration d'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, le Conseil d'Etat géorgien mène un coup d'Etat contre l'ancien dissident soviétique Zviad Gamsakhourdia, alors au pouvoir. Durant le conflit, Moscou décide de soutenir deux camps différents, le Conseil d'Etat et les rebelles indépendantistes abkhazes. Le premier obtient le contrôle de la Géorgie, les seconds gardent le contrôle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Un statu-quo confirmé lors de la deuxième guerre d'Ossétie du Sud, en 2008, durant laquelle l'armée russe repousse une attaque géorgienne et reconnaît officiellement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

La protection de l'armée russe offre aux deux régions une indépendance de facto. Elles forment un gouvernement, impriment leur propre monnaie, lèvent des impôts et entretiennent des forces armées, le tout à l’écart de la communauté internationale. En sous-main, Moscou délivre également des passeports aux russophones transnistriens et abkhazes. L'unique représentation diplomatique de la Transnistrie se trouve en Abkhazie. Cette dernière est plus chanceuse: elle bénéficie aussi de la reconnaissance du Venezuela, du Nicaragua et de l'Ile de Nauru (Pacifique). En mars 2014, le Tuvalu a retiré la reconnaissance qu’il lui avait accordée en 2011.
 
Peu d'espoir pour Donetsk
Mais les rebelles de Donetsk ne devraient pas bénéficier du même traitement de faveur. Peu après le rattachement de la Crimée à la Russie, Moscou ne semble pas souhaiter intervenir une deuxième fois en Ukraine. Malgré les appels des rebelles, l'armée russe n'est pas intervenue pour neutraliser l'armée ukrainienne comme elle l'a fait en Crimée. Les forces ukrainiennes ont déjà repris de nombreux villages de la région et convergent vers Donetsk, promettant une «surprise» aux rebelles. Si la ville est prise, la «République populaire de Donetsk» disparaîtrait aussi vite qu'elle est née.

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Un char ukrainien à un check-point de l'armée régulière, à moins de 50 kilomètres de Donetsk. © GENYA SAVILOV / AFP

 

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