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Tunisie : dix mois après la Révolution...

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 23/11/2011 à 11H16, mis à jour le 15/11/2012 à 16H02

Députés à l'ouverture l'Assemblée constituante 22 novembre 2011
Députés à l'ouverture de l'Assemblée constituante le 22 novembre 2011 © AFP PHOTO / FETHI BELAID

Dix mois après la Révolution, l'Assemblée constituante, issue du premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie, a commencé ses travaux le mardi 22 novembre. Le point sur un mouvement vers lequel le monde entier a les yeux tournés.

Les nouveaux députés ont élu à leur tête le président du parti social-démocrate Ettakatol, Mutstapha Ben Jaafar, âgé de 71 ans. Un accord de partage du pouvoir a été conclu entre les trois formations qui ont dominé le scrutin : les islamistes d’Ennahda, 89 élus ; le Congrès pour la République (CPR), 29 élus ; Ettakatol, 20 sièges. Cet accord prévoit la désignation du dirigeant du CPR, Moncer Marzouki, à la présidence du pays et celle du numéro deux d’Ennahda, Hamadi Jebali, comme chef du gouvernement.

La journée du 22 novembre est l’aboutissement du mouvement révolutionnaire qui a chassé le 14 janvier l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Ce mouvement, le premier du «Printemps arabe», peu ou prou soutenu par l'armée, a fait quelque 300 morts. Il est parti de la ville de Sidi Bouzid (centre) après le suicide par le feu, le 17 décembre, d’un jeune vendeur de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi.

Regroupant plusieurs partis d’opposition, un gouvernement intérimaire a été mis en place. Objectif: la préparation d’élections législatives pour la désignation d’une Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution.

Les réfugiés politiques reviennent de l’étranger. La censure est levée. Dans le même temps est installée une Commission nationale d’établissement sur les affaires de corruption. L’ancien dictateur Ben Ali, qui a fui en Arabie saoudite, est condamné à plus de 50 ans de prison lors de trois procès par contumace.

La vie du gouvernement provisoire est tout sauf un long fleuve tranquille. Le marasme économique entretient l’agitation sociale et le chômage. Le secteur du tourisme (7 % du PIB) est particulièrement touché : les visiteurs étrangers se méfient. Les salafistes, mouvance fondamentaliste très minoritaire de l’islam tunisien, manifestent à plusieurs reprises.

Initialement prévues le 24 juillet, les élections sont finalement reportées au 23 octobre. Le scrutin, remarquablement organisé, se déroule dans le calme, à la grande fierté des Tunisiens.