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Culture,  Tunisie,  Afrique

Tunisie: les soirées de rite stambali pendant le ramadan

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 15/06/2018 à 12H30

Rite stambali dans médina Tunis en 2017
Rite stambali dans la médina de Tunis en 2017. «Troupe stambali Sidi Ali Iasmar charbonnier» (capture d'écran d'une vidéo Youtube) © DR (capture d'écran)

En Tunisie, les ruptures du jeûne en période de ramadan sont souvent l’occasion de soirées stambali. Le stambali est un rite traditionnel mélangeant danse, musique et chants. Mais qui tend à disparaître.


Ce rite, parfois qualifié de «possession», «a été importé en Tunisie par les esclaves noirsur venus d’Afrique subsaharienne», rappelle RFI. Petite précision: les Noirs représenteraient aujourd’hui «quelque 15% des 11 millions de Tunisiens», selon Géopolis. Un sujet souvent tabou dans le pays.

Vidéo mise en ligne sur Youtube le 27 août 2008.

Ceux qui pratiquent le stambali (terme dont on ignore l’origine) sont apparemment proches des Gnaouas, population noire du Maroc. Leur chant est «fortement imprégné de croyances ancestrales où se mêlent exorcisme, transe, possession et résurgences vaudoues». Il est accompagné par une musique aux rythmes variés. L’orchestre est composé d’un joueur de guembri, guitare africaine à trois cordes, accompagné de shkasheks, castagnettes métalliques, et d’un tambourin en terre cuite.

La danse, pendant laquelle les participants peuvent se mettre en transe, est menée par un arifa (musicien guérisseur).

Vidéo mise en ligne sur Youtube le 29 mars 2013.

«Pendant longtemps, les confréries stambali étaient dépendantes d'un fonctionnaire (Bach-agha) du palais beylical de Tunis qui supervisait leurs activités et fêtes, particulièrement celle du Bouc, pendant laquelle un hommage est rendu à leur saint patron Sidi Saad Echouchane à son mausolée dans la plaine de Mornag, au sud de Tunis.»

Rite stambali dans la médina de Tunis en 2017. «Troupe stambali Sidi Ali Iasmar charbonnier». Vidéo mise en ligne sur Youtube le 14 août 2017.

Aujourd’hui, la pratique traditionnelle «tend à disparaître au profit d'un stambali moins spirituel, plus folklorique, qui se tient non plus dans les zaouias (mausolées de saints musulmans) mais dans des salles de spectacles», rapporte RFI.