Clap

Tunisie,  Afrique,  Afriques

Tunisie: un documentaire inédit sur la violence homophobe

Par Eléonore Abou Ez avec AFP@GeopolisFTV | Publié le 31/03/2017 à 13H42

Trois jeunes enroulés dans drapeaux LGBT l'association Shams
Trois jeunes enroulés dans des drapeaux LGBT et de l'association Shams. © @shams-Page Facebook

Une ONG tunisienne de défense des droits des homosexuels, Shams, a mis en ligne le 28 mars 2017 un film inédit dans lequel des homosexuels témoignent des violences physiques et psychologiques dont ils font l’objet. L’association milite publiquement pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le pays.


Intitulé Au pays de la démocratie naissante, le documentaire débute par des slogans de la révolte de 2011: «Travail, liberté, dignité». Pour l’organisation Shams, qui a réalisé le film, la pénalisation de l’homosexualité est indigne.
L’association milite publiquement pour l’abrogation de l’article 230 du code pénal qui punit la «sodomie» et le «lesbianisme» de trois ans de prison.

Vidéo de l'organisation Shams, mise en ligne le 28 mars 2017

«Tu es un animal sur lequel on effectue des essais»
Tout au long du film, de jeunes homosexuels rapportent les violences physiques et psychologiques dont ils sont l'objet. Parmi eux, figurent deux des six étudiants de Kairouan (centre) condamnés fin 2015 à trois ans de prison et cinq ans d'interdiction de séjour dans cette ville pour homosexualité.

Dali et Haythem évoquent notamment le test anal subi peu après leur arrestation, menottés et immobilisés par des policiers. «Tu es un animal sur lequel on effectue des essais. (...) A ce point, tu perds ton humanité«», dit le second.
 
Appel au meurtre
Le documentaire insère un extrait d’un appel au meurtre lancé par un imam de Sfax (centre-est) contre les homosexuels. Il donne aussi la parole aux avocats des victimes. Plusieurs intervenants dénoncent l’attitude des médecins tout comme celle des autorités politiques, judiciaires et pénitentiaires. Les témoins, victimes d’homophobie, insistent sur leur situation de rupture avec les milieux familiaux, scolaires et professionnels. «Je suis fatigué», conclut Badr, en pleurs.
 
Aucune abrogation de l'article 230 n'est à l'ordre du jour. Elle «n'aura  pas lieu, je refuse cela», a déclaré en octobre 2015 le président Béji Caïd Essebsi, lors d'un entretien avec une chaîne de télévision égyptienne.