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Un fonds européen pour aider à l'Est ou autour de la Méditerranée les militants pour la démocratie

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 22/07/2015 à 16H29, mis à jour le 22/07/2015 à 17H11

Fonds européen pour démocratie
Le rapporteur du Parlement européen Andrzej Grzyb © EP-2015

On trouve parfois au fil des activités du Parlement européen quelques pépites. Au détour d’un rapport parlementaire, on fait une découverte. En fin de session de juillet, et une fois l’ébullition causée par la venue du Premier ministre grec calmée, les eurodéputés ont étudié l’action du Fonds européen pour la Démocratie. Comme beaucoup, je n’en soupçonnais même pas l’existence.


Ce fonds (FEDEM) est né pendant la présidence polonaise de l’Union européenne. L’extension de la politique de voisinage faisait partie des priorités de la Pologne. Il faut dire qu’à sa porte Biélorussie et Ukraine amènent à réfléchir…Et l’idée correspondait aussi en 2011 à une réflexion de l’Europe sur sa politique de voisinage. Que faire, quoi faire pour les pays en transition démocratique à l’Est et surtout dans le Bassin méditerranéen ? Que faire, quoi faire pour ceux qui se battent dans des pays en guerre comme la Syrie ? Dans tous les cas se rapprocher de la société civile sur place.
 
Promouvoir la démocratie
L’idée en soit est double et fort simple. Pour promouvoir la démocratie dans ces pays, il faut aider la base, la société civile, ceux qui luttent, les militants. Et ces gens là ont besoin d’aides. Politiques et techniques bien entendu, mais aussi d’argent pour organiser des associations, parfois trouver et louer un simple bureau. Proximité donc, et aide financière.

D’où l’idée de ce fonds au fonctionnement très souple qui démarre en 2013. Dans son Conseil d’administration, des parlementaires européens, ce qui explique l’intérêt du Parlement pour cette initiative. Deux ans après le démarrage, un premier bilan. Le FEDEM avait financé 155 initiatives pour un total de plus de 4,5 millions d’euros dans le voisinage méridional de l’UE et plus de 4,4 millions d’euros pour le partenariat oriental. Deux exemples, l’encouragement pour la participation des femmes arméniennes à la vie politique, ou la création d’un centre culturel dans un camp de réfugiés au nord du Liban. Le Parlement se félicite de ces débuts et de l’action du Fonds dirigé par un diplomate polonais, ancien secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires étrangères, Jerzy Pomianowski.


Ce Fonds n’est donc pas partie intégrante de l’Union européenne, c’est une fondation privée de droit belge installée à Bruxelles. Mais son budget, outre une aide de la Commission européenne pour couvrir les coûts administratifs, est assuré par des contributions volontaires des Etats membres. Et pour le moment ils ne sont pas tous au rendez-vous. Seuls 17 pays sur les 28 participent, la France d’ailleurs n’est pas partie prenante. Et c’est un regret qu’a exprimé le Parlement européen que ce manque de participation de certains Etats.

Ce Fonds c’est un peu la copie européenne du National Endowment for Democraty financé par les Etats-Unis. Et l’on s’aperçoit, qu’au sein du Parlement européen, c’est avant tout la droite modérée (PPE) qui soutient le Fonds. D’ailleurs, il est présidé par l’Allemand Elmar Brok un eurodéputé allemand spécialiste des relations extérieures et peu suspect, avec d’autres, de sympathie à l’égard de certains régimes du bloc de l’Est en particulier russes ou pro-russes.

Alors légèrement anti-russes et un tantinet activiste ce Fonds européen pour la démocratie?
En tout cas, il a le mérite d’encourager ceux qui luttent parfois dans des conditions difficiles pour plus de démocratie dans leur pays. Et c’est une initiative qui tranche un peu avec l’aspect lisse voire un peu eau tiède que donne parfois l’Europe.