Clap

Société,  Mali,  Afrique

Un master pour le «maintien de la paix et la reconstruction post-conflit»

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 26/01/2018 à 15H49

Ecole Maintien Paix Bamako
Ecole de Maintien de la Paix de Bamako, au Mali, créée en 2007. © Common

L’Institut d'études politiques de Grenoble délivrera cette année, en collaboration avec l’Ecole de maintien de la paix (EMP) de Bamako un diplôme intitulé «Reconstruction de l’Etat post-conflit». Cette formation professionnelle au niveau master est une première en Afrique francophone. Elle doit répondre aux énormes besoins de savoir-faire pour la reconstruction des Etats sortant d'un conflit.


On connaissait les écoles de guerre. Aujourd’hui, se développent des écoles de maintien de la paix. L’EMP Alioune Blondin Bèye de Bamako assure depuis une dizaine d'années des stages au maintien de la paix sanctionnés par des certificats. Elle a déjà accueilli des centaines de cadres venus de toute la sous-région. Depuis janvier 2018, l'offre s'est enrichie d'un cursus universitaire professionnalisant.

Fort de son expérience dans la formation aux opérations de maintien de la paix en Afrique, l’EMP de Bamako a décidé de monter en gamme avec un diplôme universitaire professionnalisant.
«Cette formation, exclusivement centrée sur le maintien de la paix, était incompète», explique Abdramane Oumar ­Coulibaly, directeur adjoint du Centre d'analyse et de recherche de l'espace sahélo-saharien de l'EMP. «Le problème du Mali, par exemple, n’est pas seulement de maintenir la paix, mais aussi de reconstruire l’Etat. Après la guerre, il faut des cadres qui puissent conseiller les Etats, les décideurs.»


En collaboration avec Bamako, l’IEP de Grenoble délivrera cette année un diplôme en ­Reconstruction de l’Etat post-conflit, un enseignement complémentaire de celui en maintien de la paix. Une formation destinée aux cadres de la Cedeao dans l’esprit du Kofi Annan International Peacekeeping Training Center du Ghana.

Une trentaine de cadres, essentiellement maliens, ayant déjà une longue expérience dans l'administration font partie de la première promotion. «Ils seront formés à l'analyse concrète des situations de crise (Somalie, Centrafrique...) dans toutes leurs complexités politique, économique, culturelle, appuyés sur des savoirs plus académiques», explique Pierre Micheletti en charge du contenu pédagogique de ce nouveau master.

Science-Po grenoble a développé depuis des années un véritable tropisme africain, en formant notamment des hauts cadres de l'administration malienne et ouest-africaine.

Les besoins sont importants. Sur les quinze opérations de maintien de la paix à travers le monde, huit se situent en Afrique.