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Un millier de civils exfiltrés d'une mosquée en Centrafrique, l’ONU en alerte

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 16/05/2017 à 13H55

A Bangassou en Centrafrique
A Bangassou en Centrafrique. © MATTHIEU ALEXANDRE / CARITAS INTERNATIONALIS / AFP

Des dizaines de morts dans des attaques contre des musulmans, six Casques bleus tués en une semaine, des militaires ougandais accusés de viols, la Centrafrique sombre dans un conflit sans fin. Les organisations humanitaires appellent au secours.


La situation est explosive à Bangassou (sud-est), sur la frontière avec la République démocratique du Congo. La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) fait face à des groupes armés.
 
La Minusca a fait état d'une nouvelle journée de tensions entre ses Casques bleus et des groupes armés à Bangassou (sud-est). La Minusca, dont six Casques bleux ont été tués en une semaine, est intervenue pour libérer des civils réfugiés dans la mosquée après la dernière attaque, le 13 mai 2017, de groupes anti-balaka, pro-chrétiens.

 
Le millier de civils, qui avaient trouvé refuge dans une mosquée de Bangassou pour échapper aux attaques de miliciens chrétiens anti-balaka, ont pu en être exfiltrés sains et saufs. Les soldats de la Minusca ont dû ouvrir le feu sur les combattants anti-balaka qui encerclaient la mosquée.
 
«Les déplacés ont été transférés dans un autre site. La Minusca a fait usage de la force sur des éléments armés, entre autres dans le quartier de la mosquée. Un hélicoptère militaire de la force a aussi été engagé et ouvert le feu», a déclaré à Reuters Hervé Verhoosel, porte-parole de la mission de l'ONU en Centrafrique. 
 
Semaine meurtrière pour les Casques bleus
Un Casque bleu marocain a été tué le 13 mai dans l'attaque du quartier musulman de Bangassou (474 km à l'est de la capitale Bangui) attribué à des anti-balaka. Cinq autres soldats de la paix – quatre Cambodgiens et un Marocain – avaient été tués cinq jours plus tôt, le 8 mai, dans l'attaque de leur convoi à une vingtaine de kilomètres de la ville frontalière.


Si la situation dans Bangui s'est calmée, les violences continuent cependant dans l'intérieur du pays. La semaine du 8 mai, de violents combats avaient éclaté entre anti-balaka et une faction de l'ex-Seleka, l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), à Alindao dans le centre du pays, provoquant de nombreux morts parmi les combattants et les civils. Des médias locaux, citant la Croix-Rouge centrafricaine, avancent un bilan de 130 tués. 

Le spectre d’une nouvelle guerre confessionnelle et ethnique inquiète l’ONU. «Cette violence est inquiétante au plus haut point dans la mesure où elle renoue avec la stigmatisation communautaire, un des ferments de la crise politique de 2013 qui avait valu à la Centrafrique plus de 800.000 déplacés et une crise humanitaire sans précédent dont les stigmates sont encore frais», a regretté le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi.


La situation humanitaire est catastrophique. Les instances onusiennes avouent manquer de moyens. Des réfugiés n’ont pas hésité à quitter le pays pour fuir les violences, malgré des risques sanitaires. «Un nombre encore inconnu de personnes a traversé la frontière vers la République démocratique du Congo (RDC) où un foyer de fièvre à virus Ebola vient d’être déclaré dans une localité située à près de 250 km de la frontière», s’alarme l’ONU.