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Et si la situation était désespérée mais pas tant que ça

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 15/05/2014 à 16H30, mis à jour le 15/05/2014 à 16H30

Les affiches version allemande
les affiches version allemande © Afp

Décidément cette campagne électorale ne semble pas enthousiasmer les foules. Et en désespérer plus d’un. Catastrophique, désastreuse, les adjectifs fleurissent à foison. Et si cette situation, cette campagne et les futurs résultats n’étaient pas aussi désespérants que cela. Réflexions à haute voix électronique sans tomber bien entendu dans l’optimisme béat .

Il y aurait donc des raisons d’espérer…mais pas trop. En fait deux sondages parfaitement contradictoires viennent de paraitre pas plus tard que hier, 14 mai. Le premier baromètre quotidien des intentions de vote par IPSOS pour le Monde, Le CEVIPOF et Terra Nova n’incite guère à l’optimisme. Le second, exclusif pour l’émission" Place aux idées" de nos collègues de la chaine LCP-Assemblée nationale apporte un éclairage un peu différent.
 
Abstention et hésitations
 
L’indice de participation à ces élections est selon le sondage IPSOS terrible. Il s’élève à 38% en moyenne, en clair 62% d’abstention pourraient être enregistré au soir du 25 mai. Les deux camps politiques où se situent les plus disposés à aller voter sont les Verts d’Europe Ecologie et le Front national. Donc parmi les plus europhiles et parmi les plus opposés à l’Europe d’aujourd’hui. Et 40% des personnes interrogées ont indiqués que leur vote pouvait encore changer. Une hésitation que l’on retrouve à travers une autre question de ce sondage. 38 % des sondés estiment que le fait d’appartenir à l’Europe n’était ni une bonne ni une mauvaise chose. Ils sont aussi 38% à estimer que c’est une bonne chose. On est là aussi plus proche de l’eau tiède que de la participation enthousiaste. En revanche ce sont les propositions des partis sur les questions européennes qui dicteront à 58% le choix des électeurs. Avis à tous ceux qui se trompent de cible.
 
L’Europe nécessaire
 
Le second sondage propose une vision assez réaliste de la situation. Les français ne sont certes pas amoureux fou de l’Union européenne d’aujourd’hui mais ils reconnaissent son utilité économique. Moins d’un français sur 3 estime que la France se porterait mieux économiquement si elle quittait l’Union européenne. Pas question d’abandonner l’euro tout particulièrement pour les moins de 30 ans. Des jeunes en général plus cléments vis-à-vis des actions de l’UE que leurs ainés. 47% des moins de 30 ans estiment par exemple que l’Europe a agit dans le bon sens en matière de lutte contre le terrorisme. Les plus vives critiques s’exercent et ce n’est pas une surprise dans le domaine économique et le social.
64 % des sondés se sont déclarés prêts à signer une Charte pour l’avenir de l’Union européenne et surtout une courte majorité  est favorable à la fixation au niveau européen d’un taux d’imposition sur le revenu. Une idée intéressante lorsque l’on sait que la fiscalité devrait être l’un des gros dossiers de demain en Europe si l’on veut faire vraiment converger nos économies.
 
On parle donc de l’Europe

 
Eh oui. Les Français ne sont pas tous arque boutés sur leurs positions nationales. Ils voient un peu plus loin que le bout de leur nez. Et il existe un semblant de campagne électorale dans laquelle on parle d’Europe. Jusque dans les partis où l’on s’étripe parfois joyeusement sur ce thème comme à l’UMP. Bien entendu tout le monde ne partage pas cet avis et certains parlent de gâchis. Et nos politiques au plus haut niveau défendent une Europe défensive plutôt que de la projeter dans le futur. Pour reprendre une vieille expression, les mots de la campagne n’enchantent pas l’Europe. Mais il me parait tout de même qu’on en parle un peu. Que ces élections ne seront pas simplement ce qu’espèrent certains, une suite des municipales, un second vote voué à la politique intérieure. L’apparition, même un peu faussée par les polémiques autour des débats, télévisés ou non, des candidats à la présidence de la Commission européenne, est un facteur nouveau dans cette courte, très courte, trop courte campagne électorale. Diable, des étrangers sur nos écrans, dans nos radios dans nos journaux. En ce sens, le débat s’est ouvert. Un peu.

Il ne faudrait pas après le 25 mai que les Etats n’en tirent pas les conclusions et sortent par exemple de leur chapeau un candidat autre que ceux qui ont fait campagne sous nos yeux. Certains, n’est ce pas Mme la Chancelière Merkel, seraient dit-on tenté par la manœuvre.
Une hypothèse à combattre à tout prix. ce serait  la mort d’un début d’évolution démocratique de l’Union européenne. Une nouvelle et mauvaise manière faite au citoyen. Et là, la situation serait vraiment…désespérée.