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Une épidémie de listériose fait des ravages en Afrique du Sud

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 29/01/2018 à 16H56, mis à jour le 29/01/2018 à 17H20

La listeria monocytogenes bactérie à l'origine listériose chez l'humain.
La listeria monocytogenes, bactérie à l'origine de la listériose chez l'humain. © KATERYNA KON / SCIENCE PHOTO LIBRA / KKO / SCIENCE PHOTO LIBRARY

L'aliment responsable de l'épidémie de listériose qui sévit en Afrique du Sud depuis plus d'un an n'est toujours pas identifié par les autorités sanitaires. Le dernier bilan fait état de 820 cas et 82 morts. La province du Gauteng, dont la capitale est Johannesburg, est la région la plus touchée et les premières victimes sont les nourrissons, les personnes âgées et les femmes enceintes.


Le ministère sud-africain de la Santé a confirmé, le 26 janvier 2018, 82 décès. Ce bilan a plus que doublé depuis le précédent, le 5 décembre 2017, qui s'élevait à 36 morts. Les autorités sanitaires avait pourtant appelé la population à respecter des règles d'hygiène strictes: lavage des mains très régulier, recours à l'eau potable pour les usages domestiques, rinçage des légumes et fruits, cuisson à feu vif des viandes, etc.

La listériose se transmet le plus souvent à l'homme par l'intermédiaire d'aliments contaminés par la bactérie Listeria. Figurant parmi les zoonoses – maladies transmises de l'animal à l'homme – les plus dangereuses, cette maladie bactérienne provoque fièvre, vomissements et diarrhées, nécessitant un traitement aux antibiotiques. 


Des formes graves peuvent atteindre les nouveaux-nés, les personnes âgées et les femmes enceintes. Ces dernières risquent de transmettre la maladie à leur enfant, ce qui peut engendrer des bébés mort-nés ou des septicémies à l’accouchement. Des complications (méningites, abcès cérébraux, ou infections locales) sont à redouter pour les personnes au système imunitaire affaibli. Des séquelles neurologiques peuvent être également observées et, selon les études, le taux de décès dus à l’infection varie de 20 à 30%.

Les sources de contamination n'étant pas encore déterminées par le ministère, celui-ci examine actuellement des échantillons de nourriture prélevés au domicile des malades. Les recherches se concentrent sur les aliments prêts à consommer: viandes froides pré-découpées, poulet fumé, pâtés, des produits courants dans toutes les couches de la population, explique Le Monde qui précise que le délai d'incubation peut être de huit semaines, ce qui complique les investigations. 

L’Organisation mondiale de la Santé s’est dit prête à aider le gouvernement sud-africain, notamment en envoyant des spécialistes de la sécurité alimentaire et des spécialistes en communication sur place pour aider l'Afrique du Sud à faire face à une contagion sans précédent à l’échelle mondiale.