Clap

Politique,  Tchad,  Niger,  Mauritanie,  Mali,  Burkina Faso,  Afrique

Union en vue entre djihadistes de l’EI et d’AQMI contre la force du G5-Sahel

Par Alain Chémali avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 18/01/2018 à 11H25

Militaires français au Mali
Militaires français de la mission Barkhane au milieu d'enfants de la localité In-Tillit, lors d'une patrouille au centre du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso et le Niger, le 1er novembre 2017. © DAPHNÉ BENOIT/AFP

Le jour même du 5e anniversaire de la prise d’otages d’In Amenas, dans le Sahara algérien, et de l’annonce par les autorités que le complexe gazier avait retrouvé sa capacité de production d’avant l’attaque, une source sécuritaire algérienne faisait état d’une fusion en vue entre djihadistes de l’EI et d’AQMI. Elle a estimé que la menace islamiste était «toujours aussi importante» au Sahel.


Cinq ans, jour pour, après la prise d’otages meurtrière sur le site gazier de Tiguentourine dans le Sahara algérien et l’annonce par les autorités d’un retour de la production à son niveau d’avant l’attaque, la menace islamiste «est toujours aussi importante».
 
«EI et AQMI fusionneront dans l'avenir»
C’est du moins ce qu’affirme une source sécuritaire algérienne au site «indépendant», mais néanmoins proche du Qatar, Middle East Eye, ajoutant qu’un rapprochement était en cours entre djihadistes dans la région.
 
«Même si cela ne se fait pas dans l’immédiat, tout indique qu’au Sahara, les cellules se revendiquant du groupe Etat Islamique (EI) et l’organisation affiliée à al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) fusionneront dans l'avenir», a encore assuré cette source.
 
Des propos qui ne font que confirmer les déclarations du porte-parole de l’EI, quelques jours plus tôt à l’Agence France Presse (AFP).
 
Dans un entretien téléphonique rapporté par l’agence le 13 janvier 2018, un interlocuteur qui s’est identifié sous le nom de «Amar» a assuré que l’ensemble des djihadistes du Sahel «se donnaient la main pour combattre les mécréants».

L'EIGS dans la «zone des trois frontières», Mali, Burkina Faso et Niger 
Ce porte-parole est un proche de longue date de Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef du groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), qui opère dans la zone dite «des trois frontières».
 
Une région aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger sur laquelle se concentre la force conjointe en cours de constitution par la France, impliquant également la Mauritanie et le Tchad. «Nous allons tout faire pour que le G5-Sahel ne s’installe pas» dans cette zone, a affirmé Amar.
 
«Nos frères Iyad Ag Ghaly et les autres moudjahidines défendent comme nous l’Islam», a-t-il ajouté, en référence au chef touareg malien du groupe Ansar Dine, aujourd’hui à la tête du «Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans», la principale alliance djihadiste du Sahel, liée à al-Qaïda, qui s’est constituée en 2017.
 
Des déclarations faites la veille de la réunion à Paris, le 15 janvier 2018, des ministres de la Défense des Etats membres du G5-Sahel et des pays donateurs dont la France.  

Situation «extrêment préoccupante» au Sahel selon l'ONU 
Selon l’AFP, elles confirment des informations récentes, de sources sécuritaires et militaires occidentales, faisant état d’une coopération renforcée sur le terrain entre divers groupes djihadistes au Sahel.
 
Une coopération qui inquiète également le secrétaire général de l’ONU. Dans son dernier rapport trimestriel sur la situation au Mali, rendu public le 26 décembre 2017, Antonio Guterres jugeait en effet «extrêmement préoccupante» la situation dans le centre et le nord du pays.
 
«En particulier dans les régions de Mopti et de Ségou, où il y a eu davantage d’actes terroristes ou liés au terrorisme que dans l’ensemble des régions du Nord», précise le rapport. Des attaques des deux groupes de djihadistes qui, selon la Minusma (mission de l'ONU au Mali) «agissent en parallèle et probablement en collaboration».
 
Illustrant ces inquiétudes, l’organisation d’Abou Walid Sahraoui, l’EIGS, a revendiqué le 12 janvier la paternité de l’attaque-suicide menée la veille contre un convoi de militaires français sur l’axe reliant Ménaka à Indélimane, près de Gao, qui a fait trois blessés dont un grave.
 
«Les soldats du Califat ont attaqué, jeudi 11 janvier au petit matin, une colonne de l’armée française avec un véhicule piégé», indiquait le communiqué, revendiquant par la même occasion plusieurs autres attaques au Mali, Burkina Faso et au Niger, dont celle qui a coûté la vie à quatre commandos des forces spéciales américaines en octobre 2017 à Tongo Tongo.