Victimes de sorcellerie, des enfants albinos mutilés «réparés» à New York

Par Laurent Filippi | Publié le 12/07/2017 à 17H36, mis à jour le 12/07/2017 à 17H36

Quatre enfants albinos, victimes de croyances séculaires qui prêtent à la dépigmentation de leur peau et à leurs organes des vertus magiques, ont été démembrés. Originaires de Tanzanie, ils viennent régulièrement depuis deux ans aux Etats-Unis pour être équipés de prothèses.

12 photos de Carlo Allegri illustrent ce propos. Le photographe avait déjà réalisé un premier reportage sur ces enfants lors de leur première venue aux Etats-Unis.

  • Agés respectivement 7 14 15 16 ans
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    Agés respectivement de 7, 14, 15 et 16 ans,

    Baraka Lusambo, Mwigulu Magesa, Emmanuel Rutema et Pendo Noni, quatre enfants tanzaniens ont tous subi des attaques dans leur pays au seul motif qu’ils sont albinos. Certains ont eu des doigts ou des bras coupés, d’autres les dents arrachées. Dans certains pays d’Afrique de l’Est (Malawi, Burundi, République démocratique du Congo et Tanzanie) et aussi au Mali, cette particularité génétique est liée à des superstitions. © Carlo Allegri /Reuters

  • L’albinisme se manifeste
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    L’albinisme se manifeste

    par un faible taux de mélanine dans le sang conduisant à une dépigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ce particularisme atteint une personne sur 20.000 en Europe ou aux Etats-Unis. Une sur 4.000 en Afrique et une sur 3.000 en Tanzanie, ce qui en fait le pays à plus fort taux du monde, selon l'association des Albinos de Tanzanie.  © Carlo Allegri /Reuters

  • S’il n’existe pas chiffres fiables
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    S’il n’existe pas de chiffres fiables

    sur le nombre de personnes assassinées ou blessées en Tanzanie, les Nations Unies estiment qu'au moins 75 albinos ont été tués en Tanzanie entre 2000 et 2015. Mais ce chiffre serait en deçà de la réalité, car beaucoup d’albinos sont victimes de tortures lors de rituels secrets, principalement dans les zones rurales. © Carlo Allegri /Reuters

  • En Tanzanie selon régions croyances populaires
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    En Tanzanie, selon les régions et les croyances populaires,

    les albinos considérés comme des «zeru zeru», des fantômes, sont persécutés, car ils portent bonheur ou à l’inverse amènent le mauvais sort. Les sorciers et marabouts sont prêts à débourser beaucoup d’argent pour obtenir une partie des organes des albinos et ainsi pratiquer des rituels. © Carlo Allegri /Reuters

  • Un véritable trafic d'organes s’est organisé autour ces mutilations.
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    Un véritable trafic d'organes s’est organisé autour de ces mutilations.

    Selon un reportage de Rue89, certains sorciers seraient prêts à payer des gangs ou des tueurs cupides pour un rein ou un foie en échange de quelques milliers de dollars. Selon l’ONU, un membre d’une personne atteinte d’albinisme se négocie entre 600 et 2.000 euros. Un corps entier peut atteindre 70.000 euros. Certains, après avoir été mutilés, sont tués et leur sang récupéré. Les tombes des albinos sont parfois profanées et les corps déterrés. © Carlo Allegri /Reuters

  • Les quatre jeunes garçons
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    Les quatre jeunes garçons,

    arrivés à l'hôpital Shriners pour enfants de Philadelphie pour se faire appareiller, sont soignés gratuitement. Leurs frais de voyage et de logement ont été couverts par le Fonds mondial de secours médical, un organisme de bienfaisance basé à Staten Island, dans l’Etat de New York, qui aide les enfants blessés lors de conflits ou de catastrophes. © Carlo Allegri /Reuters

  • «Quand ils arrivent ici
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    «Quand ils arrivent ici,

    ils ont beaucoup perdu, une partie de leur jeunesse et de leur dignité», déclare Elissa Montanti, fondatrice du fonds à Reuters. «La première fois que les enfants sont venus, ils ne parlaient pas beaucoup. Ils étaient très timides. Ils restaient blottis ensemble», ajoute le Dr Scott Kozin, chef du personnel de l'hôpital Shriners. Pour rester aux Etats-Unis, les enfants doivent  déposer une demande d'asile, mais seuls les frais médicaux sont pris en charge par l’organisation.  © Carlo Allegri /Reuters

  • Depuis 2010
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    Depuis 2010

    et la présence au parlement tanzanien du premier député albinos, Salum Khalfani Bar'wan, des mesures pour tenter d'enrayer les assassinats, notamment d'enfants, ont été prises: escortes jusqu'à l'école, fournitures de téléphones portables pour qu'ils puissent tenter d'alerter quelqu'un en cas d'attaque, ouverture de refuges. Mais ce qui est possible dans les agglomérations, est plus difficile à mettre en œuvre dans les campagnes, où les agressions sont légion.   © Carlo Allegri /Reuters

  • En janvier 2015
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    En janvier 2015,

    le ministère de l'Intérieur tanzanien a annoncé l'interdiction de la sorcellerie. Elle  ne vise pas les guérisseurs traditionnels qui utilisent uniquement des plantes pour soigner leurs patients. Une campagne de communication a été lancée à travers le pays. Elle a débuté à Mwanza, Geita, Tabora, Simiyu et Shinyanga, les régions plus touchées.  © Carlo Allegri /Reuters

  • Intitulée «En finir avec meurtres d'albinos»
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    Intitulée «En finir avec les meurtres d'albinos»,

    cette campagne a pour but de sensibiliser la population mais aussi d’aider à recueillir des informations pour éviter les enlèvements ou les meurtres. En parallèle, une force d'intervention associant policiers, autorités locales et membres de la Société tanzanienne des albinos a été créée. © Carlo Allegri /Reuters

  • Des personnalités culture
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    Des personnalités de la culture

    essayent aussi de sensibiliser le monde à ce problème. Le producteur américain Ian Brennan a sorti en 2017, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’albinisme, «White African Power», un album enregistré pendant plusieurs jours sur l’île d’Ukerewe située sur l’immense lac Victoria, explique le magazine «Les Inrocks». Ici, vivent 150.000 personnes, dont un nombre très important d’albinos. © Carlo Allegri /Reuters

  • Le 13 juin
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    Le 13 juin,

    à l'occasion de la journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, Salif Keita, la star malienne de la chanson elle-même albinos, en a profité pour dénoncer le sort qui leur est réservé. A un an des élections générales maliennes de 2018, «il y a eu déjà deux sacrifices humains perpétrés sur des albinos. L’un à Kita et l’autre à Sanankoroba», a dénoncé l’artiste. A l’approche des scrutins, il n’est pas rare de voir une recrudescence des meurtres car certains élus font appel à des sorciers pour avoir plus de chances de se faire élire. © Carlo Allegri /Reuters