Eclairage

Victor d'Hondt, le sens de la formule et la bosse des maths

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 24/03/2014 à 17H45, mis à jour le 24/03/2014 à 17H45

Victor d'Hondt
© Escanos.org

Belge, juriste et mathématicien. Tout pour plaire…Victor d’Hondt est totalement inconnu du grand public. En revanche c’est un nom qui hante souvent les couloirs du Parlement européen. Surtout en période électorale.

L’homme est né à Gand le 20 novembre 1841. Il mourra en mai 1901, toujours à Gand. Au départ juriste, puis enseignant à l’université (droit fiscal, droit civil et droit notarial), il demandera à être déchargé de ses cours. Il veut se lancer dans une véritable campagne politique en faveur d’une représentation proportionnelle. Avec au départ une difficulté, l’application pratique du système. L’opinion publique était favorable à cette forme de représentation politique mais comprenait mal comment l’appliquer dans les faits. Et c’est là que le juriste D’Hondt va laisser la place au mathématicien D’Hondt. A la grande joie des petits et des grands…

 Le système

.Accrochez vous, c’est un pur littéraire qui va se lancer dans l’explication de ce mode de calcul. La formule consiste à diviser les votes par une séquence de chiffres : 1, 2, 3, 4, 5 etc.…Le premier siège sera attribué au parti dont la « moyenne » est la plus élevée après avoir divisé les votes par 1. Logiquement, le parti politique arrivé en tête rafle le premier siège. Puis une seconde moyenne est calculée pour ce parti en divisant cette fois les votes par 2. Puis une  troisième en divisant par 3, la plus forte moyenne remportant à chaque fois un siège. Ces calculs et ces moyennes sont effectués pour chaque parti et ainsi de suite jusqu’à épuisement des sièges à distribuer. Ca va, vous suivez toujours ? Je vois bien qu’au fond de la classe, certains s’essoufflent. Pour vous aider,et pour me rendre un peu moins ridicule, la preuve par l’exemple. Venu tout droit d’un document du Sénat belge.

Une formule très utilisée

Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous fais souffrir avec ce sacré système. C’est qu’il est employé dans de nombreux pays, Australie, Finlande, Pologne ou bien encore Israël. Mais surtout c’est cette formule qui régit les élections européennes dans les 28 pays. Elle sévit aussi, cette règle, pour l’attribution au sein du Parlement des postes de vice-présidents, des présidents de commissions etc. Or le constat est simple. Le système certes est un système à la proportionnelle mais il favorise les grandes listes, les grands groupes. Conséquence une démocratie pas franchement totale, totale au sein du Parlement et l’intérêt par exemple pour un grand pays de bien jouer, un peu comme à la pétanque. De grouper ses boules, en l’occurrence ses députés dans les grands groupes, bref d’éviter l’éparpillement, sport favori des parlementaires français. Et c’est aussi pourquoi, souvent, un peu comme au football, à l’arrivée c’est l’Allemagne qui gagne. Voilà, fin du cours, vous pouvez ranger vos cahiers et aller voter.