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Espagne,  Europe

Villages à vendre en Galice

Par Valérie Kowal@GeopolisFTV | Publié le 12/03/2014 à 10H01, mis à jour le 18/08/2014 à 16H33

Des hameaux abandonnés, en ruines, et en vente pour quelques dizaines de milliers d'euros. Dans le nord de l'Espagne, c'est le nouveau filon pour le secteur immobilier durement touché par la crise. Les acheteurs, en majorité étrangers, sont attirés par des prix imbattables.

Enfouis sous une nature envahissante, tapissés de mousse et de lierre, les murs de pierre de l'ancien village galicien d'A Barca attendent, comme des millers de hameaux abandonnés, le nouveau propriétaire qui les fera revivre.

Les 12 maisons sont à saisir «pour zéro euro», explique Arelino Luis de Francisco Martinez, le maire de Cortegada. En échange, le repreneur devra présenter «un projet global, qui intégrera la totalité des maisons». Le maire souhaiterait un complexe touristique «qui ferait vivre des gens du village et des entreprises locales».

L'achat d'un village n'est plus inaccessible depuis la chute de la bulle immobilière. On en trouve dès 250.000 euros, soit au même prix qu'une maison ailleurs. Aujourd'hui, tous les facteurs semblent réunis pour faire revivre ces villages : la chute des prix immobilers bien sûr mais aussi une tendance à se tourner vers la nature, à adopter un mode de vie moins consumériste et à ne plus être obligé de vivre en ville grâce à Internet.

Dans le nord de l'Espagne, plusieurs villages abandonnés espèrent ressusciter entre les mains de nouveaux propriétaires. Rafael Canales, directeur du site aldeasabandonadas.com (villages abandonnés), qui se consacre à la vente de ces lieux originaux explique : «Nous avons comme clients beaucoup d'écrivains, de peintres ou de professionnels du tourisme rural.» L' Institut national de la statisque a recensé environ 2900 villages abandonnés dont plus de la moitié en Galice et dans les Asturies.

Mark Adkinson, le directeur Galicianrustic.com, précise : «Nous avons localisé 400 villages abandonnés dans la seule partie Est de la Galice.»

Ces villages abandonnés séduisent surtout les étrangers. Neil Christie, jeune retraité britannique de 60 ans a acheté un ensemble de trois maisons et un grenier à grain. Une construction typique de Galice et des Asturies, ainsi que le terrain attenant. Le tout forme le hameau de Arruñada, à moins de 30 kilomètres de la côte Atlantique. «Je voulais fuir le stress de Londres», explique-t-il. Il a acquis le hameau pour 45.000 euros.

Selon l'agent immobilier Jose Armando Rodil Lopez (tempsreel.nouvelobs.com/immobilier), les Britanniques sont parmi les étrangers qui s'intéressent le plus à ce genre de propriétés. Il y aussi des Norvégiens, des Allemands, des Russes et même des Mexicains. «En général quand on franchit la barre des 80.000 euros, les acheteurs sont étrangers.»

Le hameau de Pena Vella est en vente pour 62.000 euros. Il est composé de cinq maisons de pierre envahies par les ronces et les plantes grimpantes. Cet ensemble de 13.000 m² entouré de pins et d'eucalyptus est toujours dans l'attente d'un ou plusieurs acheteurs.

Pour le Nouvel Observateur, depuis l'explosion de la bulle immobilière en 2008, les prix ne cessent de baisser en Espagne, chutant même à moins 7,8% en 2013.