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Yémen : le sultanat d’Oman accusé de servir de plaque tournante d’armes à l’Iran

Par Alain Chémali avec Reuters@GeopolisAfrique | Publié le 22/10/2016 à 18H08, mis à jour le 22/10/2016 à 18H28

Combattants houthis au Yémen
Des combattants houthis, aidés par Téhéran contre les autorités yéménites soutenues par Ryad, manifestant pour la journée internationale d'Al-Quds (Jérusalem) à Sanaa le 1er juillet 2016. © Mohammed Hamoud/ANADOLU AGENCY/AFP

Pavé dans la paisible mare omanaise. L’agence britannique Reuters rapporte que l’Iran aurait augmenté ses livraisons d’armes à destination de la rébellion houthie au Yémen via le sultanat d’Oman. Une information, démentie par les autorités, mais qui écorne l’image d’un pays réputé pour son rôle de médiateur dans les conflits qui agitent le monde arabe.


Le sultanat d’Oman est-il rattrapé par les luttes d’influence qui opposent l’Arabie Saoudite et l’Iran au Moyen-Orient ?

Contrebande d'armes iraniennes vers le Yémen 
Citant des sources américaines, occidentales et iraniennes, l’agence britannique Reuters révèle que l’Iran a augmenté ces derniers mois la livraison d’armes aux milices houthies, assimilées chiites, de la rébellion yémenite contre les autorités pro-saoudiennes du pays.
 
Des armes, en particulier des missiles sol-sol de courte portée, précise l’agence, transitent en contrebande par la petite monarchie de la péninsule arabique, alliée stratégique des Etats-Unis dans la région.
 
Frontalier des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite et du Yémen, le sultanat d’Oman a pourtant la réputation d’être un pays à vocation diplomatique. Un pays médiateur tant dans les crises inter-arabes que dans des affaires internationales délicates telles que le programme nucléaire iranien ou des prises d’occidentaux en otage.
 
Dans le contexte de guerre ouverte entre le royaume saoudien et la République islamique iranienne par yéménites interposés, Oman a démenti l’existence de contrebande d’armes à sa frontière avec le Yémen. Une frontière longue de 300 km dans une région désertique connue pour abriter des trafics en tous genres.

L'image écornée d'un pays réputé médiateur 
«Aucune arme n’a franchi notre frontière, nous sommes prêts à fournir tous les éclaircissements si nécessaire», a assuré le ministre omanais des Affaires étrangères, Youssef Ben Alaoui au journal saoudien Okaz.
 
Toutefois, une source autorisée au Yémen et dans le Golfe, citée par Reuters, explique qu’Oman ne joue certes pas un rôle actif dans cette contrebande au profit des Houthis, mais ne fait rien pour l’empêcher.
 
Une information qui vient écorner l’image du sultanat, musulman de l’école ibadite, une branche de l’islam qui repose sur la cohabitation entre ses différents courants. A fortiori aujourd’hui face au retour du grand affrontement entre les branches chiite et sunnite.
 
L’Iran chiite entretient toujours l’ambiguïté. Il considère les Houthis comme l’autorité légitime au Yémen tout en démentant fournir de l’armement à la rébellion.
 
Les révélations de Reuters viennent aujourd’hui confirmer ce soutien logistique. En dépit de laborieuses négociations et de cessez-le-feu très éphémères, «l’augmentation de la livraison d’armes, mais aussi d’argent, aux Houthis augure mal d’une solution à long terme», a encore affirmé la source de Reuters.