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Zambie : un chanteur violeur devient ambassadeur pour les droits des femmes

Par Catherine Le Brech@GeopolisAfrique | Publié le 06/01/2016 à 14H39, mis à jour le 06/01/2016 à 14H39

Clifford Dimba
Clifford Dimba, alias General Kanene.  © Capture d'écran du site Mamamia News

Grâcié en juillet 2015 après un an de prison alors qu’il purgeait une peine de 18 ans pour le viol d’une jeune fille de 14 ans, le chanteur Clifford Dimba, alias, Général Kanene, a malgré tout eu le droit aux honneurs. Le président zambien Edgar Lungu l’a nommé en décembre 2015 ambassadeur pour les droits des femmes et des enfants, contre la violence sexiste.

Les défenseurs des droits de l’Homme s’insurgent. Pour Dubravka Simonovic, rapporteure de l'ONU en charge de la violence contre les femmes, «cette nomination vient saper tout le travail de sensibilisation et de lutte contre les agressions sexuelles réalisé jusque-là». De plus, «elle banalise ces violences et discrédite les voix qui s'élèvent contre».
 
Général Kanene est présenté «comme un modèle pour combattre la violence contre les femmes», selon l’experte de l’ONU. Alors même qu’il a été également impliqué dans deux autres cas d’agression physique de femmes depuis sa sortie de prison. La première est l’une de ses trois épouses, indique Lusakatimes.com, la seconde, une femme de 32 ans, précise Zambia Reports.

La messe est dite 
Deux experts indépendants de l’ONU ont appelé la Zambie à «annuler la nomination de Dimba» et à adopter des mesures de prévention et de protection envers les femmes et les enfants, notamment des campagnes d'éducation visant les deux sexes. Ils ont également exhorté le gouvernement zambien à tenir tous les délinquants pour responsables de la violence sexuelle et sexiste, sans exception.
 
Les critiques ont laissé de marbre les autorités zambiennes : «Notre constitution prévoit que le président de Zambie peut pardonner aux criminels et ordonner leur libération de prison. Ceci est la prérogative du président et personne ne peut lui demander de se justifier d’avoir exercé des droits prévus dans la Constitution qu'il a juré de protéger.» A quand un criminel au ministère de l’Intérieur ?