Zimbabwe: 3.000 détenus amnistiés par Mnangagwa prennent le large

Par Véronique le Jeune | Publié le 03/04/2018 à 09H09, mis à jour le 03/04/2018 à 11H59

A quatre mois d'élections générales prévues en juillet 2018, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, candidat à la présidentielle après la démission de Robert Mugabe, a accordé une amnistie à quelque 3.000 prisonniers, pour la plupart des femmes et des jeunes. Une mesure destinée, selon les autorités, à désengorger les 46 prisons du pays pleines à craquer: 20.000 détenus pour 17.000 places.

  • D'ex-prisonnières se pressent hors prison Chikurubi à 15 km Harare.
    01 /07
    D'ex-prisonnières se pressent hors de la prison de Chikurubi, à 15 km de Harare.

    Chikurubi, prison classée «sécurité maximale», est le plus grand centre pénitentiaire du Zimbabwe. Les conditions de détention y sont inhumaines: mauvais traitements, nourriture insalubre ou insuffisante, pas de médicaments et, par moments, pas d'accès à l'eau potable. En 2015, des émeutes de la faim y ont lieu, pendant lesquelles quatre détenus ont été abattus par les gardiens. La même année, des députés zimbabwéens, invités par une ONG, ont pu constater sur place le non-respect des droits de l'Homme. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • La joie ex-détenues est communicative.
    02 /07
    La joie des ex-détenues est communicative.

    Sur la liste des bénéficiaires, toutes les femmes, sauf celles purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité. Les autres attributaires sont des détenus handicapés ou mineurs condamnés à des peines de trois ans et moins et qui en ont déjà accompli le quart. Sont également libérées les personnes handicapées, malades ou âgées de plus de 60 ans. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • Le président Emmerson Mnangagwa est opposant résolu à peine capitale.
    03 /07
    Le président Emmerson Mnangagwa est un opposant résolu à la peine capitale.

    Contrairement au «vieux lion» Robert Mugabe, contraint de démissionner à l'automne 2017 après 37 ans d'un «règne» tyrannique, qui avait annoncé la reprise des mises à mort au Zimbabwe, l'actuel chef de l'Etat par intérim a commué en réclusion à perpétuité la peine des condamnés à mort qui attendent leur exécution depuis plus de dix ans. Près de 100 personnes se trouvaient jusqu'à maintenant dans le couloir de la mort, où la dernière exécution remonte à 2005, faute de bourreaux.  © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • Derrière grille liberté.
    04 /07
    Derrière la grille, la liberté.

    Quatre-vingt sept femmes détenues à Chikurubi ont pu rassembler leur maigre paquetage et se retrouver de l'autre côté des grilles. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • La militante d'opposition Yvonne Musarurwa retrouve liberté.
    05 /07
    La militante d'opposition Yvonne Musarurwa retrouve la liberté.

    Le cas d'Yvonne Musarurwa est un peu différent de celui des détenues de droit commun. Prisonnière politique, elle a été condamnée à 20 ans de réclusion pour le meurtre d'un policier au cours d'une manifestation en 2011. Des faits que la jeune femme, membre du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de l'opposant Morgan Tsvangirai, a toujours niés. Pour célébrer sa libération, le MDC lui réserve une place de candidate éligible sur sa liste pour les élections générales de juillet 2018. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • Un dernier regard vers l'enfer carcéral Chikurubi.
    06 /07
    Un dernier regard vers l'enfer carcéral de Chikurubi.

    En proie à une sévère crise financière depuis 2007, le Zimbabwe a régulièrement pratiqué ces dernières années des amnisties de masse, incapable de pourvoir aux besoins en vêtements, en nourriture et en soins de tous ses détenus. Durant la seule année 2013, une centaine d'entre eux étaient morts faute d'une prise en charge adéquate. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

  • Le soulagement femmes libérées.
    07 /07
    Le soulagement des femmes libérées.

    Avec un taux de chômage frisant les 90%, le Zimbabwe cumule de préoccupantes statistiques pour ses 16 millions d'habitants dont le quart se trouve en «insécurité alimentaire», selon l'ONU. En 2011, les trois-quarts de la population vivaient sous le seuil de pauvreté établi à 1,60 euro/jour par la Banque mondiale   © Jekesai NJIKIZANA / AFP