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Zohra Bensemra, élue photographe de l’année 2017 par «The Guardian»

Par Laurent Filippi@GeopolisAfrique | Publié le 27/12/2017 à 12H38, mis à jour le 27/12/2017 à 12H38

Photo Zohra Bensemra élue photographe l’année 2017 par «The Guardian»
Photo de Zohra Bensemra, élue photographe de l’année 2017 par «The Guardian». © Zohra Bensemra / REUTERS

La photojournaliste algérienne Zohra Bensemra, de l'agence Reuters, a reçu un très beau cadeau pour les fêtes de fin d’année. Elle a été désignée par «The Guardian», le célèbre quotidien britannique, photographe de l’année 2017 pour l’ensemble de ses reportages: la sécheresse en Somalie, la lutte contre Daech en Syrie et en Irak, la crise des Rohingyas en Birmanie...


Zohra Bensemra a commencé le métier de photographe dans son pays pendant la guerre civile des années 90 où certains de ses amis et membres de sa famille ont été tués. Elle explique lors d’un entretien avec Matt Fidler du Gardian qu’au départ, quand elle réalisait des missions internationales, elle trouvait beaucoup de similitudes avec son vécu en Algérie. «J'en suis venue à comprendre que peu importe la nationalité ou la religion, les réactions humaines sont les mêmes partout. Mon expérience en Algérie m'a appris à couvrir avec humilité ces histoires.»

Aujourd’hui, elle réalise des reportages aux quatre coins du monde dans des zones de conflits extrêmement dangereuses. Elle essaye toujours de raconter la souffrance et la douleur des gens avec humanité, des civils syriens obligés de fuir leurs maisons et leur ville transformée en champ de bataille pendant la bataille de Mossoul aux Rohingyas chassés de Birmanie. Elle s’investit corps et âme dans chaque histoire et avoue être particulièrement sensible et réceptive aux luttes des gens pour leurs droits.

Zeinab dans village Dollow.
Zeinab dans le village de Dollow
© Zohra Bensemra / REUTERS

En avril 2017, elle a été envoyée en Somalie pour réaliser un reportage sur la sécheresse. Elle y a rencontré Zeinab, une jeune fille de 14 ans forcée par sa mère d’épouser un homme très âgé pour obtenir de l’argent grâce à la dot. Un apport financier qui a permis à tous les membres de sa famille de fuir et de trouver refuge dans une autre ville, où des ONG les ont sauvés de la famine.
 
Comme l’explique la photojournaliste, dans cette histoire, la nationalité, la couleur de peau, la religion, n’ont pas d’importance. Elle n'a aucun jugement pour approcher les gens: «Je les prends comme ils sont.» Seule l’ambition de cette jeune fille, sa détermination à réaliser ses rêves comptait, explique-t-elle.
 
«Je fais de mon mieux pour montrer les gens avec dignité, je ne suis pas à la recherche du sensationnalisme. Seul le fait de représenter un événement, une situation de la façon la plus juste qui soit, tel qu'ils se déroulent, m’intéresse. Etre une femme peut rendre les choses parfois plus aisées, je pense que les gens se confient plus facilement à une femme», précise-t-elle au Guardian.