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Zone euro: la Grèce prépare-t-elle un plan B?

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 10/02/2015 à 17H03, mis à jour le 11/02/2015 à 10H37

Varoufakis Kammenos
Les ministres grecs des Finances et de la Défense, Yannis Varoufakis et Panos Kammenos au Parlement d'Athènes, le 6 février 2015.

Les enchères montent entre la Grèce et la zone euro avant la réunion du 11 février de l’Eurogroupe destinée à trouver un terrain d’entente entre Athènes et ses créanciers. Le gouvernement Tsipras maintient sa politique de réformes sociales tandis que Bruxelles ne veut rien céder. Un ministre grec parle déjà de plan B.

La Grèce pourrait se tourner vers «une autre source» pour se financer dans le cas où un accord ne serait pas conclu avec ses partenaires de la zone euro. Le ministre de la Défense Panos Kammenos, membre du parti nationaliste Grecs indépendants (AN.EL), qui a rejoint Syriza pour former une majorité, a déclaré le 9 février qu’il y aurait alors «obligation de passer au plan B», selon le journal athénien Ekathimerini.

S’exprimant sur la chaîne Mega, le chef de Grecs indépendants a déclaré que la Grèce pourrait solliciter des fonds auprès «des Etats-Unis, au mieux» ou même la Chine ou de la Russie. Il a ajouté que cela pourrait prendre la forme de concessions pour les grandes infrastructures comme les ports, pour lesquelles Moscou a exprimé un intérêt.

«Ce que nous voulons, c'est un accord», a souligné Kammenos. «Mais s'il n'y a pas d'accord et si nous voyons que l'Allemagne reste inflexible, nous avons aussi l'obligation de passer au plan B. Plan B et d'obtenir un financement d'une autre source.»
 
Coup de poker ou menace voilée en plein conflit en Ukraine ? Entre Athènes, qui affiche tour à tour menaces de rupture et optimisme sur la possibilité de trouver un compromis sans renier ses promesses, et Bruxelles, qui affirme ne pas trop savoir ce que veut la Grèce, tous les coups semblent permis. Au point que l’on reparle comme jamais de «grexit», la sortie de la Grèce de la zone euro, ce dont, officiellement, personne ne veut.
 
Varoufakis et la théorie des jeux
Après le rejet de la troïka par la Grèce, la solution pourrait venir de l’OCDE, dont le secrétaire général est attendu à Athènes le 11 février avec, semble-t-il, un programme en plusieurs volets basé sur une atténuation de l'austérité en échange de dix réformes phares.

Spécialiste de la théorie des jeux (ensemble d'outils pour analyser les situations dans lesquelles l'action optimale pour un agent dépend des anticipations qu'il forme sur la décision d'un autre agent, selon Wikipedia), le ministre des Finances grec, Yanis  Varoufakis, joue à merveille de la situation.

Devenu une star des médias mondiaux en raison de sa liberté de ton et de ses tenues décontractées (et selon Die Welt, de son sex appeal), il souffle tour à tour le chaud et froid sur les positions de la Grèce et a promis aux députés de son pays de ne se comporter à Bruxelles «ni en "yes man", ni en "no man", juste en citoyen européen, s'efforçant de dire "oui" à chaque solution honnête qui ne jettera pas la Grèce dans la crise».
 
En cas de solution à Bruxelles, la Grèce n’aurait plus besoin de plan B. Mais rien n’est encore… joué.