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Tchad: le cinéaste Mahamat Saleh Haroun n’est plus ministre de la Culture

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 10/02/2018 à 15H13, mis à jour le 10/02/2018 à 17H49

Le cinéaste Mahamat-Saleh Haroun au Festival international film Toronto
Le réalisateur Mahamat-Saleh Haroun au Festival international du film de Toronto, au Canada, en septembre 2017.   © VALERIE MACON / AFP

Le cinéaste Mahamat Saleh Haroun, primé au festival de Cannes en 2010, occupait le poste de ministre de la Culture et du Tourisme au Tchad depuis février 2017. Il vient d’être démis de ses fonctions.


Mahamat Saleh Haroun «a été appelé à d'autres fonctions», annonce le décret gouvernemental lu à la radio nationale le 8 février 2018, sans plus de précisions.
C’est l’ancien ministre de la Culture Djibert Younous qui le remplace. Sa mission aura duré tout juste un an.
 
Raisons personnelles

Le soir de l’annonce du remaniement ministériel, le cinéaste tchadien a précisé dans un communiqué laconique qu’il n’avait «pas été démis» de ses fonctions «ni limogé», mais qu’il avait démissionné pour des raisons personnelles. Une façon diplomatique de dire qu’il ne voulait plus cautionner la politique du gouvernement.

Des sources gouvernementales citées par RFI affirment que l’ex-ministre a clairement fait savoir en Conseil des ministres qu’il était contre les mesures de rétorsion envisagées par le gouvernement contre les travailleurs en grève. Le gouvernement a réduit en début d'année de 50% les primes ou indemnités des fonctionnaires entraînant une forte grogne sociale.
  
Pas dans son rôle ?
La mission gouvernementale du cinéaste aura été de courte durée. Dans un article intitulé L’homme qui ne devait pas être ministre, Jeune Afrique affirme que Mahamat Saleh Haroun n’était pas à l’aise depuis un moment au sein du gouvernement.

«Il est plus artiste que ministre, il aime travailler seul. Il n’a pas dû s’acclimater et les gouvernements tchadiens ne sont pas des modèles de souplesse», explique au magazine un ministre, sous couvert d’anonymat.
 
Mahamat Saleh Haroun avait beaucoup d’ambition pour son pays. Le réalisateur voulait notamment créer une école africaine de cinéma. Mais durant son mandat d'un an, il a juste eu le temps de doter la bibliothèque nationale de 3.000 livres et de créer le grand prix littéraire du Tchad.